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Ces dix dernières années, Florentine a travaillé à mi-temps avec un complément de chômage. En 2026, elle perd ses allocations. « À partir du mois de mars, je n’ai plus de revenus. Et je vais avoir 64 ans. Donc je me demande bien ce que je vais faire », déplore-t-elle dans la salle d’attente du service chômage de la CSC.
Même inquiétude pour Patricia, elle aussi bientôt exclue du chômage. « Normalement, je faisais partie de la deuxième vague. Mais en fait, c’est déjà ici au 1er janvier. Je viens donc me renseigner auprès de mon syndicat, pour voir si c’est justifié ou pas. Quelles sont les périodes assimilées ou pas. Pour l’instant, je me sens complètement anéantie, complètement nulle. Je sais qu’il y a plein d’autres personnes dans mon cas », témoigne Patricia.
Un durcissement de l’accès et des syndicats débordés
Les services chômage des syndicats sont débordés par les demandes de renseignements puisqu’à partir de 2026, le droit d’accès au chômage va se durcir.
Il faudra avoir davantage travaillé comme l’explique Laurence Dechambre, permanente interprofessionnelle à la CSC : « Il faut désormais avoir travaillé 312 jours de travail dans une période de trois ans. Ça ouvre ensuite aux gens un droit à minimum un an de chômage. Si la personne a travaillé plus longtemps, ça peut aller jusqu’à cinq ans. À ce moment-là, la personne pourra avoir un maximum de deux ans de chômage. »
C’est le salaire précédent qui détermine le montant de départ des allocations. Actuellement, pour un isolé le montant maximum du chômage s’élève à 2.231 euros et le seuil minimal est quant à lui à 1.437 euros.
Des sanctions plus fréquentes
De plus, il y aura du changement à partir du 1er mars. « Les personnes tomberont sous le statut qu’on appelle le forfait, donc le montant le plus bas, plus rapidement », explique Laurence Dechambre. Autrefois, il fallait deux ans. En 2026, les minima seront atteints en un an. Les bénéficiaires connaîtront dès le départ la date de fin des allocations.
Depuis mars 2025, la pression du Forem pour retrouver de l’emploi s’est intensifiée. Laurence Dechambre affirme que les sanctions devraient être plus fréquentes : « Si la personne ne répond pas à plusieurs reprises aux demandes du Forem, il y a en effet une sanction qui s’applique. La personne est désinscrite comme demandeuse d’emploi, et n’a donc plus droit aux allocations de chômage. »
La nouvelle législation ne tient pas compte de certains cas particuliers, comme les intérimaires. Elle devra donc encore être affinée, parfois sous la contrainte de décision de justice.

















