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Les policiers en grève contre le manque de considération sur la dangerosité de leur métier : « On peut être confronté à des armes de guerre »

par RTL info avec Mathieu Langer et Marc Evrard
Infrastructures vétustes, conditions de travail dégradées et réforme des pensions décriée : à Liège, des policiers rejoignent la grève pour dénoncer un métier jugé pénible mais non reconnu comme tel par les autorités.

Certains policiers ont décidé de s’associer à la grève ce mardi. Ils dénoncent notamment la réforme des pensions qui va les toucher, leur métier n’étant pas considéré comme dangereux. Ils se plaignent aussi de l’état de délabrement de certains de leurs commissariats.

Bâtiments vieillissants, stands de tir délabrés, parfois même inexistants. Dans les locaux de la police fédérale de Liège, l’état des infrastructures inquiète. Infiltration d’eau, plafonds fissurés, ascenseurs hors service. Pour ces agents en grève, il devient même de plus en plus difficile d’assurer leur mission au quotidien. Salvatore Lo Presti, président CGSP Admi Liège – Police fédérale : « Nos collègues ont du mal à travailler dans telles conditions, avec des infiltrations d’eau, avec des pannes de chauffage, les toilettes qui se bouchent, certaines douches aussi, qui sont inutilisables. Les collègues en ont un peu marre, même beaucoup ».

Conditions anormales

Impliquée dans les phases de réfection, la régie des bâtiments suit ses dossiers de près. Mais les procédures sont interminables et le temps presse, comme c’est le cas à Vottem. Eddy Quaino, délégué CGSP : « On a débuté ce fameux masterplan en 2016 et on annonce au mieux la fin en 2036. Donc imaginez-vous et pendant ce temps-là, les collègues, notamment en tout cas de la police fédérale de Liège, de la police judiciaire fédérale, doivent travailler dans des conditions qui sont anormales pour une police qui devrait être innovante, dynamique ».

À cela s’ajoute un enjeu de taille pour le personnel, la pénibilité du métier. L’âge légal de la pension à 67 ans pour la majorité des policiers en service après 2014 et un critère de dangerosité sous-estimé. Salvatore Lo Presti : « Nous travaillons les matins, l’après-midi, les soirées, les nuits. C’est un métier physique, stressant, moralement et physiquement. Si on évoque le côté de Bruxelles, on voit les attaques à la Kalachnikov et donc nos équipes de police qui sont en première ligne, demain peuvent être confrontées à des milieux criminels qui sont à l’arme de guerre ».

Raison pour laquelle, ce mardi encore, des centaines d’agents n’ont pas hésité à débrayer.

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