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Nous avons été contactés par un automobiliste via le bouton orange Alertez-nous. Il a souhaité raconter une scène dont il a été témoin à Wanze. « Le personnel enseignant d’une école bloque un rond-point à l’aide d’élèves sous une pluie battante », écrit-il.
À ce témoignage, il a joint une vidéo dans laquelle on voit en effet des élèves entourant quelques professeurs au milieu d’un carrefour. Un enseignant semble même crier dans un mégaphone, les enfants forment, eux, une chaîne humaine et certains ont également des affiches dans les mains.

Pour nous assurer de la véracité des faits, nous avons contacté un commerçant local. Il confirme ce que l’on voit en vidéo. « Il y a eu une petite classe qui est venue manifester », raconte-t-il. « Les enfants avaient une dizaine d’années. Le rassemblement a duré une dizaine de minutes. Le carrefour n’a pas été bloqué. »
Contactée par nos soins, la commune de Wanze confirme que cette action s’est bien déroulée sur son territoire mais indique qu’il s’agit d’une initiative d’une école de Huy. Elle indique ne pas souhaiter faire de commentaire.
« Nous avons expliqué aux enfants », affirme la directrice
L’école en question est l’Institut du Sacré-Cœur de Huy-Wanze. La directrice confirme l’action « symbolique », lors d’un arrêt de travail de 50 minutes, qui s’est déroulée ce matin. « Nous avons prévenu les parents hier soir lors d’une réunion que nous allions réaliser une chaîne humaine », explique Hélène Fastré. « L’objectif est de protester contre les mesures du gouvernement. Nous l’avons bien expliqué aux parents et ensuite aux enfants. »
Il n’y avait, selon elle, aucune obligation. « Les parents pouvaient nous dire qu’ils ne souhaitaient pas que leur enfant participe », poursuit-elle. « Un seul enfant n’a pas participé. »
Les enfants ont créé des banderoles et ensuite, ils ont chanté avec leur professeur. « Nous leur avons expliqué que si l’école avait moins d’argent, certains postes allaient disparaître et que, par exemple, ils risquaient d’aller moins souvent faire des activités », indique la directrice.
Concernant les images interpellantes où l’on voit les enfants sur la route, Hélène Fastré reconnaît une erreur. « Cela n’aurait pas dû se passer », dit-elle. « Nous aurions sans doute dû prévenir la police mais nous ne sommes restés que deux minutes et uniquement sur le passage pour piétons. »
La sécurité des enfants n’a pas été mise en danger selon elle.
La ministre Glatigny réagit
Contacté, le cabinet de la ministre de l’Education, Valérie Glatigny, réagit à cette polémique et assure que les règles étaient claires. « Nous avons rappelé les règles aux écoles par circulaire. Au premier rang de celles-ci figure le fait qu’il existe des voies institutionnelles (grèves, concertation des acteurs institutionnels de l’enseignement, des associations de directions, etc.) pour porter des revendications sans empiéter sur les apprentissages des élèves (et, dans le cas présent, sans mettre en danger la sécurité physique des élèves !). »
Dans la suite de sa réponse, le cabinet de la ministre explique aux parents qui estiment que les règles citées ci-dessus n’ont pas été respectées, qu’ils peuvent contacter la direction de l’école et même de porter plainte.















