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Les taux des crédits hypothécaires augmentent : voici 5 conseils d’une experte pour économiser des milliers d’euros

par RTL info
Face à des taux immobiliers au plus haut depuis dix ans, emprunter coûte désormais beaucoup plus cher. Le pouvoir d’achat s’effrite, mais des solutions existent. Durée du prêt, formules hybrides, taux variable protégé… : découvrez les conseils de Caroline Sury, journaliste à L’Écho pour réduire drastiquement votre mensualité.

Olivier Schoonejans : À quel niveau se situent pour le moment les taux des crédits hypothécaires ?

Caroline Sury, journaliste à L’Écho : Aujourd’hui, pour un taux fixe sur une durée de 25 ans, la moyenne s’établit à 3,89 %. Nous sommes désormais très loin du plancher de 1 % que l’on pouvait obtenir en 2021. Pour rappel, il faut remonter à mars 2014, soit plus de dix ans, pour retrouver des taux à ce niveau.

À quel type de remboursement mensuel cela correspond-il pour une habitation moyenne ?

Si l’on se base sur une durée de 25 ans, qui est aujourd’hui la norme choisie par les emprunteurs, un prêt de 300.000 € à 3,89 % engendre une mensualité d’environ 1.550 €. À titre de comparaison, pour le même montant emprunté il y a un an à un taux de 3,14 %, la mensualité était de 1.420 €. L’augmentation représente donc un surcoût de plus de 100 € par mois. Sur la durée totale du crédit, un emprunteur actuel paiera 35.000 € de plus que celui qui a contracté son prêt l’an dernier. La réduction du pouvoir d’achat immobilier est donc bien réelle.

Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ?

Bien qu’il soit difficile de quantifier précisément cette hausse, la tendance reste orientée vers le haut selon les économistes de KBC et d’ING. Une inversion de cette tendance nécessiterait une récession en Europe, un scénario qui n’est pas d’actualité pour le moment.

Dans ce contexte, comment limiter l’impact de cette hausse pour un projet d’achat cette année ?

La règle d’or reste la négociation. Il est essentiel de faire jouer la concurrence. Après avoir consulté votre banque historique, utilisez leur offre pour solliciter d’autres établissements. Bien que ces démarches soient chronophages, elles sont payantes. Le moindre gain sur le taux, même infime, se traduit par des économies de plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du prêt. N’hésitez pas à retourner voir votre banquier initial avec une offre concurrente pour obtenir un ultime effort de sa part.

Un apport personnel plus important permet-il d’obtenir de meilleures conditions ?

Absolument. Plus votre apport en fonds propres est élevé, plus vous réduisez le profil de risque pour la banque, ce qui favorise une baisse du taux proposé. Une autre stratégie consiste à réduire la durée de l’emprunt. En passant de 25 à 20 ans, vous obtenez généralement un taux plus avantageux (autour de 3,67 %). Dans notre exemple, cette réduction de durée permet d’économiser 45.000 € d’intérêts sur la durée globale du prêt.

Existe-t-il d’autres mécanismes pour atténuer l’impact de ces taux élevés ?

On peut opter pour un taux variable, initialement plus bas, mais cela comporte le risque d’une hausse future des mensualités. Toutefois, des produits hybrides apparaissent, comme le crédit à taux variable protégé lancé par Belfius. Ce système permet de profiter d’une éventuelle baisse des taux (jusqu’à -2 %), tout en garantissant que le taux ne dépassera jamais le niveau initialement signé. Notez cependant que le taux de départ de ce type de produit est légèrement supérieur au taux fixe classique.

Un mot sur le remboursement progressif ? En quoi cela consiste-t-il ?

C’est une option qui permet d’augmenter graduellement la mensualité, par exemple de 2 % chaque année. Cette hausse suit généralement l’inflation et l’évolution des salaires, tout en permettant de réduire le coût total du crédit. Ce sont des leviers techniques intéressants qui génèrent des économies substantielles.

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