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Le constat est clair : les animaux ont aujourd’hui davantage de troubles du comportement, alors que ce n’était pas le cas avant. Pourquoi ?
Beaucoup plus, et de plus en plus effectivement. En fait, il y a plusieurs raisons. La première, c’est que notre style de vie a complètement changé. On est beaucoup plus nomade aujourd’hui, alors qu’à l’époque, on était plus sédentaire. Aujourd’hui, les gens déménagent beaucoup plus, partent beaucoup plus en vacances aussi. Donc tout ça peut déjà perturber nos animaux.
Et puis, il n’y a plus personne à la maison non plus depuis que la femme travaille. C’est une bonne chose pour les femmes évidemment, mais pour les animaux c’est un petit peu moins bien puisqu’il n’y a plus personne à la maison. Donc ils passent de très très longues journées tous seuls. Pour les chats, ça peut encore être plus ou moins acceptable. Pour les chiens, c’est plus compliqué. Surtout si on ne les prépare pas à cette solitude et qu’on ne la leur apprend pas, ou si les absences sont vraiment beaucoup trop longues, ou trop répétées.
C’est donc lié à notre rythme de vie finalement, notre quotidien qui va à 100 à l’heure ?
À notre style de vie, mais à notre rythme de vie aussi. Parce qu’effectivement voilà aujourd’hui on n’arrête pas de courir, on a trop, tout le monde est débordé. Et donc on n’a plus de temps non plus pour nos animaux. On n’a plus le temps de s’en occuper correctement.
On veut avoir des animaux pour ajouter une touche de légèreté, de joie dans nos vies. Mais on n’a pas le temps suffisant pour s’en occuper. Et alors en plus de ça, le fait qu’on soit tout le temps à 100 à l’heure, toujours sous pression, sous stress, engendre chez nous beaucoup d’émotions négatives. Et toutes ces émotions négatives, on les transmet aussi malheureusement à nos animaux, qu’ils soient chiens ou chats.
Et qu’est-ce que ça a comme conséquences très concrètes sur eux ?
On peut leur transmettre de l’anxiété, et créer de l’anxiété chez ces animaux par notre propre anxiété, notre propre stress, etc. On peut bien sûr aussi créer de l’anxiété de séparation, donc des problèmes liés à la solitude. Alors que justement – petite anecdote – à l’époque, ça n’existait pas chez le chat. Maintenant on constate de plus en plus de cas d’anxiété de séparation chez les chats, qui sont pourtant des espèces solitaires à la base.
On peut voir aussi des problèmes de vocalisation, donc des aboiements excessifs ou des miaulements excessifs, des destructions, voire même de l’agressivité chez des animaux qui sont beaucoup trop anxieux. Il y a également les TOC, comme le trouble sexuel compulsif, qui est un trouble assez terrible et qui est vraiment lié à un ennui profond, profond, profond.
En tant que maître d’un animal, quel est le premier réflexe à adopter lorsqu’on constate ce genre de comportement ?
De ne pas se séparer de son animal, je dirais. C’est de se dire justement qu’il y a un problème, de constater le problème et de consulter un comportementaliste qui pourra l’aider à trouver les causes de ce problème et lui donner des conseils pour sortir l’animal de cette situation. Et puis alors, ne pas prendre peur, justement. Il ne faut surtout pas capituler, il ne faut pas se dire que l’animal est fou ou quoi que ce soit. Aucun animal ne naît comme ça, avec un problème. Ce sont des choses qui surviennent par notre rapport avec eux et donc c’est aussi de notre devoir d’essayer de résoudre ces problèmes. Et de s’adapter, effectivement.
On vient de parler des maîtres qui s’adressent à leurs animaux, mais pour ceux qui n’ont pas d’animaux de compagnie et qui se retrouvent face à un chien ou un chat qui a un comportement un peu perturbant, que faut-il faire ?
Je pense que de manière générale, que l’on ait ou non des animaux, il faut cesser de penser qu’un animal est une peluche vivante à notre disposition quand on veut un câlin, quand on veut avoir un contact avec des poils. Non, ils ne sont pas à notre disposition. Donc il faut leur demander leur avis.
On ne peut pas s’approcher comme ça d’un chien qui n’est pas le nôtre. Or on voit de plus en plus des gens qui, sur des marchés, des brocantes, viennent caresser le chien sans demander au maître, et sans demander au chien non plus. Rares sont les animaux qui ont réellement envie d’être caressés par des gens qu’ils ne connaissent pas.














