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Cinquante ans après sa disparition, Agatha Christie demeure l’autrice de fiction la plus lue au monde. Surnommée « la reine du crime », elle a marqué des générations de lecteurs grâce à ses intrigues savamment construites, portées notamment par ses personnages cultes comme Miss Marple ou Hercule Poirot. Ses romans, traduits dans une centaine de langues, continuent de nourrir l’imaginaire collectif et d’inspirer des adaptations multiples : films, séries, jeux vidéo et pièces de théâtre.
Parmi elles, Le Crime de l’Orient-Express revient cette année pour la troisième fois au Théâtre royal des Galeries, à Bruxelles. Un succès public qui témoigne de l’engouement toujours intact pour l’univers de Christie.
Un style reconnaissable entre mille
Le comédien Arnaud Van Parys, qui incarne Hercule Poirot sur scène, résume la notoriété de l’autrice d’un ton admiratif : « Agatha Christie, on ne peut pas passer à côté. Il est impossible de ne jamais avoir entendu parler d’elle. » L’écrivain Bernard Werber évoque une des raisons de son succès : « Le fait que ce soit une petite mamie aux allures complètement anodines qui raconte des trucs horribles, c’est toujours amusant. Il y a ce côté très British, absurde au second degré. »
Elle a vécu deux guerres mondiales
Agatha Christie maîtrise l’art du suspense à la perfection, jouant avec les attentes du lecteur. « Elle invite le lecteur à un jeu : ‘vous ne trouverez pas l’assassin’. Il y a une fausse piste, et puis… », souligne Bernard Werber. Un avis que complète le metteur en scène Fabrice Gardin : « Elle saborde tout et nous donne sa solution. »
Arnaud Van Parys évoque avec humour certains retournements de situation typiques de l’autrice : « Il y a des dénouements parfois à la Agatha Christie du type ‘je ne l’avais pas dit avant, mais j’avais remarqué que vous aviez une tache d’épice de curcuma qu’on ne trouve que dans tel pays’… alors qu’à aucun moment dans le roman on a parlé de ça. »
Une vie d’aventures
Née à Torquay, en Grande-Bretagne, Agatha Christie a mené une existence riche en voyages. « C’est quelqu’un qui, dès la plus tendre enfance, a voyagé, a connu des choses quand même assez extraordinaires, puisqu’elle a vécu deux guerres mondiales », raconte Fabrice Gardin. Arnaud Van Parys ajoute : « Elle a été infirmière de guerre, elle est partie à Bagdad… Une vraie aventurière, à une époque où on ne voyageait pas. »
C’est justement pendant la Première Guerre mondiale, en tant qu’infirmière, qu’elle développe une connaissance pointue des poisons. Un savoir qui deviendra central dans bon nombre de ses intrigues. À cela s’ajoutent un sens de l’observation redoutable et une personnalité excentrique qui nourrissent l’originalité de son œuvre.
Hercule Poirot, un détective pas comme les autres
Impossible d’évoquer Agatha Christie sans parler d’Hercule Poirot. Le célèbre détective belge apparaît pour la première fois en 1920, à une époque où de nombreux réfugiés belges s’étaient installés en Angleterre. Selon Fabrice Gardin, c’est la rencontre fortuite avec l’un d’eux dans un tram qui aurait inspiré l’écrivaine : « Elle a aimé son accent, elle a aimé sa grosse moustache. »
Le pied total de jouer un personnage comme celui-là
Avec ses manies, son accent, sa petite taille et sa moustache soigneusement cirée, Poirot tranche avec les détectives typiques de la littérature policière. « C’est un super cerveau, avec une moustache. C’est le pied total de jouer un personnage comme celui-là », s’enthousiasme Arnaud Van Parys. « Elle voulait créer un antihéros », ajoute-t-il, pour contrebalancer les enquêteurs stéréotypés de l’époque.
Une popularité toujours intacte
Agatha Christie a écrit plus de 80 romans, des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre. Elle continue d’inspirer de nouvelles adaptations, comme la série télévisée attendue dans les prochains jours. Cinquante ans après sa mort, son œuvre reste une référence, preuve qu’aucune autre plume n’a encore réussi à détrôner la reine du crime.

















