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Actuellement, la Belgique n’est pas en faillite hydrique, contrairement à d’autres pays, affirme Bill François. Autrement dit, notre pays ne fait pas face à un risque de pénurie d’eau potable immédiat. « Mais il pourrait y avoir des problèmes à venir », ajoute-t-il. La question se pose donc de savoir s’il existe des pistes de solution ou des leviers d’action qui nous permettraient d’éviter d’en arriver là.
Peut-on éventuellement adapter notre consommation ? À cela, Bill François répond d’abord qu’il faut recréer des zones humides à l’échelle nationale : « Spécifiquement pour la Belgique, il faut surtout essayer de repenser le rapport à l’eau en général, pour créer des zones où cette eau puisse être stockée par la nature, parce que c’est celle qui le fait le mieux, avec des zones humides. Or il y a eu énormément de destructions de zones humides historiquement en Belgique. »
Un t-shirt représente plusieurs milliers de litres d’eau
Mais parmi les leviers d’action pour tenter d’économiser notre eau, il y a aussi les achats que nous faisons. « À l’échelle de la planète, il faut savoir que le Belge moyen va consommer 96 litres d’eau par jour. Ça nous paraît énorme, mais en fait, ce n’est pas grand-chose. 96 litres pour nous brosser les dents, la machine à laver, laver la voiture, etc. », avance Bill François.
« Par contre, si on regarde la consommation indirecte, c’est-à-dire via ce que l’on achète, par exemple un t-shirt en coton, c’est 5.000 litres d’eau. Un kilo de bœuf, c’est 15.000 litres. Et donc, si on regarde ce calcul – en sachant que c’est de l’eau provient à 90 % de l’étranger, on en consomme en réalité plutôt 5.000 litres par Belge par jour », calcule-t-il.
Consommer moins de viande
Selon le spécialiste en eau douce, sur ces 5.000 litres, 85 % sont issus de l’agriculture. « Donc, s’il y a un geste à faire, plutôt que de fermer le robinet quand on se brosse les dents, c’est plutôt de consommer moins de viande, de consommer local, de consommer de saison », recommande Bill François, « et ça, ça permet d’économiser la moitié de cette eau. »












