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« La famille avant le parti » : Marion Maréchal plutôt que Jordan Bardella en cas d’inéligibilité de Marine Le Pen ?

par RTL info avec Christophe Giltay
L’audience en appel des assistants parlementaires du Rassemblement National s’est achevée hier. Les deux avocats de Marine Le Pen ont demandé qu’elle soit relaxée afin de pouvoir se présenter au scrutin en 2027. Son avenir politique est désormais suspendu au délibéré qui sera rendu le 7 juillet. En cas d’inéligibilité, la question de savoir si Marion Maréchal ne pourrait pas avoir la préséance sur Jordan Bardella demeure.

« On se serait cru dans un procès d’Assises », a dit à la sortie un journaliste chevronné. Un procès du temps où l’on jouait sa tête. L’image n’est pas excessive car, si Marine Le Pen ne risque pas la guillotine, elle pourrait voir voler en éclat sa vie politique, autant dire toute sa vie.

Plaidoierie larmoyante

C’est d’ailleurs sur cette corde que son avocate a joué. Elle a commencé en évoquant l’attentat de la Toussaint 1976, contre l’immeuble de Jean-Marie Le Pen. La puissante explosion l’a gravement endommagé, mais il n’y a pas eu de victime. Trente résidents du quartier ont dû être relogés. Marine Le Pen avait alors 8 ans. Elle déclarera plus tard : « Cela va devenir un élément majeur de ma propre construction. »

Maître Sandra Chirac-Kollarik, lointaine parente de Jacques Chirac, s’enflamme : « Elle va découvrir qu’elle porte un fardeau, qu’elle va porter à l’école, au collège, au lycée. » L’idée est d’apitoyer le tribunal. L’affaire de l’attentat, c’est un vieux stratagème utilisé souvent en politique par la famille Le Pen. Il est usé, mais son autre avocat, Rodolphe Bosselut, insiste : « Elle a eu une vie d’épreuves. (…) Elle a porté le nom de son père comme une croix. (…) Elle a sacrifié sa vie à la politique. (…) Trois enfants dont elle n’a pas pu s’occuper comme elle aurait voulu. »

Puis plaidoierie minimisante

Mais les juges n’ont pas sorti leurs mouchoirs. Alors il a bien fallu faire du droit. Ils ont essayé de démonter l’accusation qui estime que Marine Le Pen était au cœur d’un système, qu’elle était l’instigatrice d’un vaste détournement d’argent du Parlement européen au profit de son parti. L’idée, c’est de dire qu’il y a bien eu quelques collaborateurs payés par Bruxelles qui ont travaillé à Paris, mais pas beaucoup, et Marine Le Pen n’était pas forcément au courant. Des cas isolés, pas un système.

Au final, l’espoir est que même si elle est condamnée, le tribunal exerce sa clémence et ne lui inflige pas une inéligibilité de 5 ans, qui la priverait de la présidentielle.

Qui pour briguer la présidence française du côte de l’extrême droite ?

En attendant le 7 juillet, elle va continuer à se préparer, même si elle a déjà annoncé qu’en cas d’inéligibilité, c’est Jordan Bardella qui briguerait l’Élysée. C’est ce qu’elle a dit, mais les Le Pen sont un clan qui se déchire parfois et se réconcilie toujours. La famille avant le parti. Et il reste une Le Pen en réserve : Marion Maréchal.

On dit qu’elle viserait plutôt la présidentielle de 2032. Un nouvel horizon ? Sait-on jamais. Marine Le Pen n’aurait alors que 63 ans. Son père, Jean-Marie, a quitté la politique à 91 ans…

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