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On aura rarement vu autant de public assister à une audience de la cour d’appel surtout pour une affaire financière et non pas un crime de sang. On s’attend à un afflux massif de curieux, venus plus pour scruter son visage et voir comment Nicolas Sarkozy supporte sa détention, plutôt que pour suivre un débat qui s’annonce très technique.
Mais le détenu ne sera pas extrait de sa cellule, il assistera à l’audience par visioconférence ; un procédé de plus en plus pratiqué en France, pour des raisons de sécurité. On n’a pas besoin d’un convoi, et ça permet de gagner du temps. Les téléphones portables seront néanmoins confisqués à l’entrée pour éviter les prises de vues de Nicolas Sarkozy qui apparaîtra sur un écran depuis sa détention.
Joute entre spécialistes
Il ne faudra pas s’attendre à des envolées lyriques comme dans une affaire criminelle, mais à une joute austère entre spécialistes du droit.
La détention de Nicolas Sarkozy se justifie par la nature des faits, et la lourdeur de la peine 5 ans de prison. Dans son jugement le 25 septembre, le tribunal avait évoqué des « faits d’une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent… mais aussi dans les institutions mêmes de la République ».
Présomption d’innocence
Dans ces conditions, en cas de condamnation définitive, la prison peut effectivement se justifier. Mais Nicolas Sarkozy a fait appel, et cet appel a remis les compteurs à zéro. Il bénéficie donc à nouveau de la présomption d’innocence. En clair, ce n’est plus un condamné qui purge sa peine, mais un suspect en détention provisoire qui attend son jugement. Et ce ne sont pas les mêmes textes qui régissent les deux régimes.
La détention provisoire ne peut se justifier que, je cite « pour conserver les preuves ; empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ; empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs et ; garantir le maintien à la disposition de la justice ».
Le bracelet électronique
Cette dernière exigence est importante, il faut que le prévenu dispose d’un domicile fixe, de revenus, et de garanties de représentation. Ce qui est le cas de Nicolas Sarkozy. Quant aux autres conditions : elles peuvent être remplies par un contrôle judiciaire strict, avec assignation à résidence sous bracelet électronique.
Ses avocats pourraient également faire état de son « grand âge », 70 ans. En cas de victoire l’ancien président devrait être libéré dans la journée, et pour ceux qui aiment les symboles, ce cessez-le-feu avec la justice lui permettrait, d’assister demain aux commémorations… de l’Armistice !


















