Partager:
Dans les prochains mois, plus de 25.000 étudiants francophones seront formés à la médecine de guerre, une discipline à part entière pensée pour des situations extrêmes.
« Nous nous sommes d’abord focalisés sur les médecins spécialistes, et donc nous avons dégagé cinq ou six grandes thématiques principales qui vont de la prise en charge avant l’hôpital, à la prise en charge à l’intérieur de l’hôpital. C’est-à-dire principalement les traumatiques et les brûlés, qui sont des pathologies importantes en cas de conflit », explique Benoît Cardos, médecin au SPF Santé Publique et expert pour les plans de préparation.
Près d’un an de concertation
Les jeunes médecins apprendront à prendre en charge un afflux massif de blessés, mais aussi des traumatismes spécifiques liés aux armes à feu ou aux agents chimiques.
Il aura fallu près d’un an de concertation entre les universités, le SPF Santé Publique et la Défense pour élaborer ce nouveau volet de formation.
« Après consultation avec le SPF Santé Publique, les cours de pathologie de crise deviendront une composante obligatoire de la formation en médecine. Cela devrait favoriser la coopération entre la Défense et le secteur médical civil », a notamment déclaré Theo Francken (N-VA), ministre de la Défense.
Une prise de conscience
La menace croissante et la proximité du conflit en Ukraine ont accéléré cette prise de conscience. Elles ont surtout mis en lumière la nécessité de former davantage les médecins.
Dans la rue, certaines personnes ont réagi à la mise en place d’une telle formation : « Ça fait un peu peur je trouve, ça fait vraiment peur », « Ça peut toujours être utile, il y a du pour et il y a du contre », « Moi je pense qu’à l’heure actuelle ça peut servir avec tout ce qui se passe maintenant, ça peut être préventif », ou encore « On s’en doute, ça fait quelques années qu’on parle des tensions politiques, donc forcément il fallait que ça arrive à un moment donné » a-t-on pu entendre dire.
Formation élargie à tout le corps médical
À terme, Benoît Cardos confirme que c’est l’ensemble du monde médical qui sera formé à la gestion des situations d’urgence et de crise de grande ampleur : « Depuis les kinés en passant par les infirmiers, les dentistes, etc. Tous les professionnels de santé devraient à terme pouvoir recevoir une formation qui dépendra évidemment de leurs compétences. »
Il faudra plusieurs années pour voir le secteur des soins de santé s’adapter à ce type de médecine d’urgence.















