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Pas assez de caméras, des agents de sécurité pas formés... L’audition de la directrice du Louvre révèle des failles aberrantes

par Christophe Giltay
Trois jours après l’incroyable cambriolage du Louvre, la directrice de l’établissement, Laurence des Cars a été auditionnée hier par le Sénat français. Elle a reconnu des défaillances au niveau de la sécurité. On a découvert à cette occasion la vétusté et les grandes difficultés budgétaires, du plus grand musée du monde. Consciente de ses responsabilités, la directrice a présenté sa démission, qui a été refusée par le Président Macron.

C’est une femme meurtrie qui a comparu pendant deux heures devant une dizaine de sénateurs qui se sont fait les porte-paroles d’une France sidérée par l’événement. De nombreux journalistes assistaient à l’audition qui a révélé d’importants dysfonctionnements au Louvre, dans tous les domaines.

Laurence des Cars a reconnu des failles de sécurité mais pas de faute. Bien que visiblement émue, elle s‘est battue bec et ongles rappelant qu’en 2024 elle avait rendu au ministère de la culture un rapport alarmiste sur l’État du musée. On a ainsi appris qu’il fallait refaire les systèmes de chauffage, de ventilation, de climatisation, de la toiture, les huisseries… et bien sûr les systèmes de sécurité, complètement dépassés.

Avec une certaine naïveté elle a déclaré : « On s’était entraîné à lutter contre les jets de soupe lancés par les activistes du climat, moins au grand banditisme ». Pour aller au plus simple, il n’y a pas assez de caméras, et les nombreux gardes ne sont pas armés.

Leur principale mission c’est protéger la sécurité des visiteurs ; c’est d’ailleurs ce qu’ils ont fait dans la salle Apollon, ils ont évacué le public, mais n’ont pas affronté les malfaiteurs, ils ne sont pas formés pour ça.

C’est pourquoi, devant le Sénat, la directrice a plaidé pour l’ouverture d’un commissariat de police au sein du musée qui est une ville dans la ville. Le palais, mesure 244.000 mètres carrés, avec 86.000 mètres carrés d’espaces muséaux, où il reçoit 30.000 visiteurs par jours.

L’accès à l’intérieur est sévèrement contrôlé par une société privée, Securitas, mais le Louvre n’a pas la maîtrise de ses abords. Ainsi le quai où les voleurs ont installé leur monte-charge, est sous la responsabilité de la préfecture de police. Et à cet endroit il n’y a qu’une seule caméra de surveillance qui n’est pas orientée vers la galerie.

À la suite de son rapport le Président Macron avait annoncé en janvier 2025 un grand plan de rénovation, baptisé, Louvre Nouvelle Renaissance, avec 80 millions d’euros consacrés à la sécurité. Mais ces travaux, soumis à appel d’offres, s’organisent forcément sur le long terme. Ainsi « Pour connecter les cinq PC de sécurité au PC central, il faudrait créer un câblage de 60 kilomètres à travers les murs et les planchers, d’un bâtiment totalement classé. ».

Pour couronner le tout la rumeur court sur les réseaux sociaux qu’une des aventures de Fantômette décrivait en 1961 le cambriolage d’un musée parisien avec le même mode opératoire.… Fantômette est publiée par la bibliothèque rose… mais cette fois on serait plutôt dans la série noire.

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