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Cette histoire de SNCF est l’illustration française, d’une tendance déjà très répandue dans le monde anglo-saxon et qui s’appelle en anglais le « no kids ». En Australie, il existe des restaurants interdits aux enfants, il y a aussi dans certaines stations balnéaires haut de gamme des hôtels « no kids » , et vous pouvez depuis déjà longtemps sur certaines compagnies maritimes, réserver une croisière « adultes only ».
La SNCF propose donc un billet de première classe, appelée « optimum », dans des voitures TGV où il n’y aura pas d’enfants de moins de 12 ans. Cela concerne pour l’instant uniquement la ligne la plus fréquentée, Paris-Lyon, du lundi au vendredi. Le prix du billet est de 144 euros. La cible est la clientèle dite d’affaires, des voyageurs, qui ont l’intention de travailler au calme pendant leur trajet.
« Nous rendre intolérants à leur présence »
Pour sa défense la SNCF explique que ça ne concerne que 8 % des places dans le Paris Lyon, et que les familles sont les bienvenues dans les 92 % qui restent. En France, c’est le principe qui choque. Une association familiale a même lancé une pétition contre « Optimum ». Quant à la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, elle estime que « Le « no kids » n’est pas une option dans un service public ». Elle a demandé à rencontrer à ce sujet le PDG de la SNCF, l’ancien premier Ministre Jean Castex. Sur les réseaux sociaux le débat fait rage entre ceux qui crient à la discrimination, et ceux qui estiment que les jeunes enfants peuvent très gênants quand on veut travailler dans le train.
La vétérinaire vedette de France TV Hélène Gateau, auteure de « pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien », explique « qu’un chien bien dressé est quand même moins perturbateur qu’un bébé » Dans l’autre camp on trouve l’économiste Maxime Sbaihi, auteur lui « des balançoires vides », un essai consacré à la baisse de la natalité Il voit dans ce service « la preuve que la dénatalité est aussi culturelle : elle raréfie les enfants jusqu’à nous rendre intolérants à leur présence ».
De nombreux parents font aussi remarquer que voyager en train avec des enfants est souvent une galère et que plutôt que de bannir les « kids », la SNCF pourrait penser à mieux les accueillir. Avec des allées plus grandes, des espaces de jeux dédiés, des zones pour ranger les poussettes et autres.
















