Partager:
Les antibiotiques sont parfois bien utiles quand on est malade. Ils permettent effectivement d’aider notre corps à lutter contre des bactéries (pas les virus). Mais attention, en prendre trop souvent présente un risque : ils pourraient perdre leur efficacité.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) explique dans un récent rapport que la résistance des bactéries progresse chaque année entre 5 et 15 %. Ce qui veut donc dire que ces médicaments deviennent moins performants.
Un « enjeu de santé publique »
Lauranne Dubrunfaut, experte en résistance aux antimicrobiens au SPF Santé Publique, affirme que cette situation « est un grand enjeu de santé publique parce que ça signifie que des infections qui sont courantes, telles que des cystites ou les pneumonies, pourraient devenir difficilement traitables, voire mortelles pour les personnes les plus fragiles ».
« En Belgique, il y a plusieurs mesures qui vont être mises en place, notamment, et c’est la plus importante : les patients ne recevront plus de boîtes entières d’antibiotiques à la pharmacie, mais uniquement le nombre exact de comprimés prescrit par le médecin », dévoile Lauranne Dubrunfaut.
« Cette mesure permettra d’éviter l’automédication à la maison », affirme-t-elle.
1,3 million de décès chaque année
Dans son rapport, l’OMS considère la résistance des bactéries comme l’une des pires menaces sanitaires dans le monde, responsable d’1,3 million de décès chaque année. Il est donc recommandé aux patients, mais aussi aux médecins, de prendre ou de prescrire moins d’antibiotiques.
Nicolas Dauby est infectiologue au CHU Saint-Pierre. Il constate une augmentation du nombre de décès : « Il est clair que les décès liés aux infections multirésistantes, c’est-à-dire que l’on n’arrive pas à traiter avec les antibiotiques actuels, ne font qu’augmenter ces dernières années. Et on estime qu’en 2050 par exemple, il y aura probablement plus de décès liés à ces infections multirésistantes, qu’au cancer. »
Un « bien commun » à préserver
« Les antibiotiques sont un bien commun que l’on doit préserver, comme l’eau potable », souligne-t-il. Pour protéger ce bien commun, il recommande notamment de « ne prendre des antibiotiques que lorsque c’est nécessaire. Et les médecins prescripteurs ont clairement un rôle à jouer en évitant d’en prescrire trop. »
Attention, il est interdit de jeter les antibiotiques dans l’évier, dans les toilettes ou à la poubelle. Il faut les apporter à votre pharmacien, qui les traitera pour éviter toute contamination de l’environnement.

















