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Donald Trump veut le Groenland et pour arriver à ses fins, il pourra peut-être compter sur un allié… inattendu

Par RTL info avec Christophe Giltay
Nouvel épisode dans la saga du Groenland. Ce mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que Donald Trump étudiait « activement » un achat du territoire, tout en refusant d’exclure l’option militaire pour parvenir à cette acquisition. Malgré l’opposition ferme des Européens, le dossier n’est donc pas clos. Le président américain aurait même trouvé un allié inattendu : les indépendantistes groenlandais.

« Nous ne voulons pas être Américains. Nous ne voulons pas être Danois. Nous voulons être Groenlandais ou Inuits. Nous utilisons les moyens à notre disposition pour atteindre notre objectif, et les États-Unis y contribuent largement », déclarait récemment Juno Berthelsen, élu du parti indépendantiste. Un avis que ne partage pas le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, qui a dit et répété que son pays n’était pas à vendre. Autonomiste, il ne souhaite pas rompre totalement avec le Danemark, ni avec l’Europe dont il estime avoir besoin.

Le problème, c’est que la colonisation du Groenland par le Danemark, entamée en 1721, n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Les Inuits, qui constituent l’immense majorité de la population, ont longtemps été considérés comme des citoyens de seconde zone. Jusqu’aux années 1980, de nombreux enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles pour être confiés à des Danois. Plusieurs scandales ont éclaté à ce sujet, les enfants devenus adultes réclamant aujourd’hui des comptes. Le prétexte était alors de les « protéger » des mœurs dites tribales et de les éduquer à l’européenne.

Des actes communs à cette époque

Ce comportement était très répandu à l’époque coloniale et l’on a connu de nombreux cas semblables en Australie avec les aborigènes ou au Canada avec les Amérindiens. Les Belges et les Français ne sont pas en reste : les premiers avec les mulâtres du Congo exfiltrés vers la métropole, les seconds avec les enfants de La Réunion envoyés travailler comme garçons de ferme dans la Creuse.

Les temps ont changé, et les Inuits ont désormais droit à la parole. En 1985, pour des raisons liées à la pêche, le Groenland a quitté l’Union européenne pour devenir un État associé.

Un allié nécessaire… mais pas forcément un tuteur

Sur place, beaucoup estiment que le sens de l’histoire mène à l’indépendance. Mais un territoire de 2,1 millions de kilomètres carrés pour seulement 57.000 habitants ne peut pas s’en sortir seul. Il lui faut un allié, à la fois pour son économie et pour sa défense. Un allié, mais pas forcément un tuteur. Et c’est là que certains se disent qu’ils seraient peut-être mieux sous le parapluie américain que sous la couronne danoise. D’ailleurs, c’est déjà un peu le cas : depuis 1951, les États-Unis disposent d’une base militaire sur l’île, et en moins d’un an, le nombre d’entreprises détenues directement par des Américains a doublé au Groenland.

Alors, même si l’image est peu adaptée au pays des phoques, on peut dire que le loup est déjà entré dans la bergerie.

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