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En Afghanistan, la chirurgie esthétique devient un véritable symbole de liberté

par RTL info avec Mathieu Langer
Au cœur d’un Afghanistan restrictif sous contrôle des talibans, les cliniques esthétiques se multiplient, offrant une parenthèse de liberté.

À Kaboul, capitale de l’Afghanistan, les cliniques de chirurgie esthétique connaissent un essor sans précédent. Dans un pays où les libertés, en particulier celles des femmes, sont drastiquement réduites par le régime taliban, la recherche d’une beauté idéale devient un moyen d’évasion psychologique. Ces cliniques, avec leurs équipements modernes, accueillent une clientèle de plus en plus large, malgré le coût élevé de ces traitements dans un pays économiquement éprouvé.

Dans un témoignage, une patiente explique : « J’ai souffert de dépression après un cancer du sang et j’ai perdu mes sourcils. Je les ai fait transplanter et maintenant ils repoussent bien. »

Une quête de liberté

Les transformations proposées par ces établissements contrastent avec les restrictions imposées par les Talibans. Depuis leur retour au pouvoir il y a quatre ans, les femmes se voient interdites d’accès à de nombreux droits fondamentaux, comme l’éducation ou les loisirs. Pourtant, bien que les autorités religieuses interdisent officiellement de modifier l’apparence physique, la chirurgie esthétique demeure tacitement tolérée, à condition qu’elle respecte certaines exigences culturelles et religieuses.

Paradoxalement, dans un contexte de privations, la quête de beauté semble être l’une des rares libertés encore possibles. Comme l’indique Lucky Khaan, chirurgienne et co-fondatrice d’un hôpital de beauté. « De nombreux patients viennent sans véritable problème mais ils souhaitent subir une intervention chirurgicale comme une rhinoplastie ou une autre chirurgie faciale parce qu’ils ont vu des tendances sur Instagram. »

Le coût des interventions reste cependant prohibitif pour la majorité des Afghans. Avec des prix allant de 75 euros pour du botox à 400 euros pour des implants capillaires, ces traitements sont au-delà des moyens d’une population où un habitant sur trois n’a pas accès aux soins médicaux de base.

Les hommes aussi passent par là

Des chirurgiens étrangers forment des professionnels locaux pour répondre à la demande croissante. La greffe de cheveux, mais aussi de barbe est devenue une tendance chez les hommes, encouragée par l’obligation imposée par les Talibans de porter une barbe d’une « longueur d’un poing minimum ». Toutefois, les espaces de traitement sont strictement séparés pour les hommes et les femmes afin de respecter les normes culturelles et religieuses.

En conclusion, si l’accès aux soins de première nécessité reste une lutte pour de nombreux Afghans, la chirurgie esthétique s’impose paradoxalement comme une forme d’affirmation personnelle dans un contexte de restrictions. Ces cliniques représentent un rare espace de liberté dans un pays divisé entre interdits stricts et modernité infiltrée.

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