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Il y a quelques jours, dans le nord-est de l’Ukraine, quatre cercueils alignés. Ceux de jumeaux d’un an, d’une fillette de deux ans et de leur père, 34 ans. La famille a été décimée par la frappe d’un drone russe sur leur maison. La mère, enceinte de huit mois, a survécu. Elle est hospitalisée.
Oleksandra Brazhnyk, proche des victimes, raconte que lorsque leur fille est née, les parents l’avaient appelée Miroslav, ce qui signifie « gloire à la paix ». Un prénom choisi comme un vœu. « Ils espéraient que la guerre prenne fin. Mais la guerre les a emportés. »
La colère affleure chez les proches. « On ne peut pas appeler ces Russes des êtres humains. Ce sont des fascistes », lance Mykhailo Dyhalo, parent des victimes. Il n’a pas connu la Seconde Guerre mondiale, mais assure que cette guerre est « très difficile, très dure ». « Des enfants meurent. »
Un bilan humain sans doute sous-estimé
Depuis le début de l’invasion russe en 2022, au moins 15 000 civils ukrainiens ont été tués, selon les Nations unies, qui reconnaissent elles-mêmes que le bilan réel est sans doute bien plus élevé.
Pour des millions d’Ukrainiens, le quotidien est bouleversé. Les journées sont rythmées par les alertes aériennes et les coupures de courant. L’épuisement gagne la population.
À Kiev, Oksana Reviakina confie ne plus avoir de nouvelles de son mari, engagé dans l’armée, « depuis très longtemps ». « On ne sait rien. » Même lassitude chez Alina Yemets : « Les gens sont épuisés. On devrait au moins avoir un peu de répit. »
Les infrastructures énergétiques dans le viseur
Ces derniers mois, les frappes russes se sont intensifiées, visant notamment les infrastructures énergétiques. Une centrale électrique a encore été touchée. Volodymyr, chef de brigade du service des turbines, retient ses larmes. « J’ai juste envie de pleurer. D’autant qu’on avait déjà réparé certains équipements », souffle-t-il.
Les conséquences sont lourdes, en particulier pour les hôpitaux. « Mon fils ne peut pas survivre cinq minutes sans cette machine », explique Inga, la mère de Fedjer.
Dans un hôpital pour enfants, 280 patients sont pris en charge, dont de grands prématurés. La pédiatre Olena Kabanets décrit une organisation sous tension : générateurs, batteries de secours… « Nous nous adaptons. Mais avec des coupures de courant pouvant durer neuf heures d’affilée, c’est vraiment dangereux. »
Un hiver sous tension
Le froid aggrave encore la situation. Les températures descendent jusqu’à – 25 ºC. Pour beaucoup, les soupes populaires sont devenues le seul moyen d’obtenir un repas chaud.
Mykola Shkrebko, habitant de Kiev, raconte avoir déjà passé dix jours sans chauffage. « Et voilà que cela recommence. » Marat Darmenov, volontaire, montre ses mains « engourdies comme du bois » et admet ressentir « de la haine envers notre soi-disant voisin ».
Ce quatrième hiver de guerre s’annonce comme le plus rude depuis le début de l’invasion russe.















