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Vous venez de sortir un rapport. Tout est dans le titre : Forêts tropicales, l’urgence d’agir… pour quelles raisons ?
Tout simplement parce que les forêts tropicales elles sont vraiment le cœur battant de notre planète. Elles sont les plus riches : à elles seules, elles abritent la majorité de la biodiversité des espèces végétales et animales de notre planète. Elles sont aussi les plus menacées. Et puis, ce sont elles qui ont le plus d’influence sur notre climat mondial, parce qu’elles absorbent beaucoup de carbone. Et quand on détruit les forêts tropicales, ils vont être libérés dans l’atmosphère, ça va venir perturber le régime des pluies, ça va rendre aussi les forêts beaucoup moins résistantes face aux effets du changement climatique, comme les sécheresses, les incendies etc.
L’année 2024 est une année record en termes de destruction. Qu’est-ce qui explique cette accélération ?
En effet, plus de 6,5 millions d’hectares de forêts tropicales primaires détruites, ça correspond à plus de deux fois la superficie de la Belgique en réalité. Ce qu’on constate, c’est que ce sont les incendies qui vont être la première cause de destruction des forêts tropicales primaires. Il y a quand même des choses à expliquer là derrière, c’est que les incendies sont majoritairement allumés pour faire de la place pour l’agriculture. En gros, on déboise, on brûle, et puis on plante, on plante des commodités qui vont être destinées à l’exportation à l’autre bout de la planète. Et puis, il y a cet effet, ce cercle vicieux, parce qu’en fait, ces incendies vont échapper à tout contrôle. Ils vont venir également, comme on l’a expliqué, libérer du carbone dans l’atmosphère, le changement climatique qui s’accélère, et voilà, c’est réellement un cercle vicieux.
La Belgique est pointée du doigt comme importatrice de déforestation, notamment via le cacao. Que peut-on faire concrètement, en tant que consommateurs ?
Oui, comme toute l’Europe, d’ailleurs. Alors, à travers les choix qu’on fait, lorsqu’on consomme, mais le message, ce n’est pas de se dire : il faut arrêter de manger du chocolat. En réalité, en tant que consommateurs, on a ce pouvoir de s’informer. Ça, c’est ce qu’on a voulu faire au WWF, avec ce rapport, c’est vraiment expliquer l’importance cruciale de ces forêts tropicales et les faits qu’on a sur leur destruction, mais c’est aussi important qu’on rappelle qu’il existe un règlement européen qui permet vraiment de garantir aux consommateurs que tout ce qui va se trouver dans les rayons : du bois, de l’huile de palme, en passant par le chocolat, soit, en fait, n’est pas causé de déforestation à l’autre bout de la planète. Et le problème, c’est que ce règlement, il tarde à être mis en œuvre. On a déjà près de 15 000 personnes qui ont signé notre pétition pour demander une mise en œuvre, une protection efficace des forêts.
Quel type d’engagement attendez-vous de la Belgique à la COP 30 qui débute demain ?
La Belgique a l’occasion de participer parce qu’il y a un fonds pour les forêts tropicales qui a été annoncé pour cette COP30, qui est vraiment le plus grand mécanisme de protection des forêts jamais mis au monde. Protéger les forêts, c’est protéger la nature, c’est protéger le climat, et c’est protéger les êtres humains.



















