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« Ce qui m’a frappé, c’est que j’ai entendu beaucoup d’Américains s’exprimer mot pour mot comme Donald Trump, notamment sur le Groenland. Comme si le président déteignait sur eux et sur l’Amérique entière », explique Christophe Deborsu qui est retourné aux États-Unis deux ans après les élections.
Prenons le Venezuela aussi. C’est notre pétrole.
« Tant que tu es président, prends le Groenland et conquiers tout ce que tu peux », lui recommande un jeune homme croisé sur Ocean Drive, l’artère principale. « Donald Trump y gagnerait sa place dans l’histoire et on pourrait faire de belles choses en utilisant ce territoire », développe-t-il. Son ami, à ses côtés, n’en pense pas moins, au contraire : « Prenons le Groenland, je suis un p*** d’Américain. Et prenons le Venezuela aussi. C’est notre pétrole », avance-t-il.
À Palm Beach, impossible ou presque de lui trouver des détracteurs. Des partisans aux couleurs du drapeau américain l’attendent en permanence sur un parking tout proche de sa villa de Mar-a-Lago. « Je l’aime parce qu’il est pour notre liberté, pour les gens », explique une femme, avant que la chanson YMCA ne retentisse bruyamment. Signe du retour de leur idole à son domicile, auquel Christophe Deborsu a pu assister.
Christophe Deborsu a failli être arrêté pour avoir filmé la résidence de Trump
Durant la journée, alors qu’il tentait de filmer par-dessus les grilles de la villa, il a d’ailleurs eu chaud quand la police est venue. « Je filmais un peu trop près de sa résidence et c’est passé tout juste », explique-t-il. Si montrer son visa de presse a suffi à apaiser les tensions, « je me suis senti moins à l’aise qu’il y a deux ans, notamment à cause de la mort d’une jeune femme le 7 janvier à Minneapolis parce qu’elle faisait mine de fuir un contrôle de police », raconte-t-il.
Par contre, ce qui n’a pas changé depuis deux ans, c’est que la liberté d’expression continue de fonctionner dans les deux sens. « On peut toujours dire du mal du Président sans risquer de finir en prison », explique-t-il. D’ailleurs, les quelques anti-Trump croisés ne mâchent pas leurs mots. « Les gens n’aiment plus Trump parce que c’est une crapule », explique l’un d’eux.
Et à l’échelle du pays, ils sont de plus en plus nombreux. Selon un dernier sondage, seuls 23 % des Américains soutiennent encore le président. Quant au Groenland, seuls 8 % des Américains souhaitent une conquête du territoire par la force et 28 % via un achat. « Au Groenland, il y a des citoyens et un gouvernement en place. On n’est pas la Russie qui envahit l’Ukraine, on vaut mieux que ça », estime un autre.
Une position proche de celle de l’Europe que tous ne partagent clairement pas outre-Atlantique. Certains estiment que le fossé entre les deux sociétés s’élargit « très clairement », tandis qu’un autre résume la différence ainsi : « La plupart des Américains pensent que l’Europe est arriérée. »
















