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En 2025, SpaceX a effectué 165 lancements vers l’espace, un véritable record : « Cela ennuie les astronomes »

Par RTL info avec Luc Gilson
La société spatiale SpaceX, de Elon Musk, a réalisé 165 lancements dans l’espace en 2025, un vrai record. Pourtant, le nombre de plus en plus important de satellites en orbite ennuie les spécialistes.

SpaceX, l’entreprise spatiale d’Elon Musk, vient de marquer l’histoire en réalisant 165 lancements orbitaux au cours de l’année 2025. Ce chiffre impressionnant équivaut à presque un lancement tous les deux jours, confirmant ainsi son rôle dominant dans l’industrie aérospatiale.

La majorité de ces lancements, soit 123, concernent le déploiement des satellites Starlink. Ces derniers visent à offrir une couverture Internet par satellite dans les régions les plus isolées de la planète. On dénombre actuellement 9300 satellites opérationnels Starlink en orbite. Un chiffre impressionnant, représentant environ 75 % de tous les satellites envoyés depuis Spoutnik en 1957. « On parle de mettre Internet dans tous les avions de ligne maintenant… C’est grâce aux Starlink qu’on va pouvoir y arriver », explique Pierre-Emmanuel Paulis, président de la Mars Society Belgium et instructeur à l’EuroSpace Center.

Une compétition entre Blue Origin et Space X ?

Cependant, la multiplication des satellites n’est pas sans conséquences. Les risques de collisions augmentent, tout comme les impacts sur l’observation astronomique. Les orbites basses deviennent saturées. « Ça engendre de la pollution. Ça ennuie les astronomes, les astrophysiciens aussi. Ils ne savent plus observer le ciel de manière optimale pendant la nuit. Il y a toujours un satellite qui passe », détaille l’expert.

En réponse, SpaceX a pris des mesures pour abaisser les orbites de certains satellites à environ 400 km. Cette altitude permettrait aux satellites obsolètes de se désintégrer naturellement dans l’atmosphère. Mais des précautions doivent être prises pour éviter des conflits avec la Station spatiale internationale (ISS), qui évolue à une altitude similaire.

En parallèle, SpaceX explore les limites des technologies avec son lanceur Starship, le plus grand vaisseau spatial jamais construit. Utilisé dans le cadre du programme Artemis de la NASA, le Starship servira de ‘lander’ pour les futures missions lunaires. Malgré des tests prometteurs, la compétition s’intensifie face à Blue Origin de Jeff Bezos. Ce dernier développe également son propre lanceur, la fusée New Glenn, qui a récemment enregistré plusieurs succès.

Un recyclage des fusées

L’un des points forts indéniables de SpaceX reste sa technologie de récupération et de réutilisation des premiers étages de fusées. Cette innovation révolutionnaire réduit significativement les coûts des lancements. « L’Europe s’y met, la Chine s’y met, le Japon s’y met. C’est l’avenir, les lanceurs réutilisables. Ça coûte moins cher », poursuit Pierre-Emmanuel.

Mais réutiliser ces engins n’est pas exempt de défis. Leur maintenance, après plusieurs cycles, nécessitera des vérifications régulières, semblables à celles des avions. L’avenir des technologies spatiales repose ainsi sur cette transition vers des lanceurs réutilisables, qui représentent une avancée économique majeure pour l’industrie.

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