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Présentée comme la COP « de la mise en œuvre » et organisée à quelques jours du 10e anniversaire de l’accord de Paris (adopté le 12 décembre 2015), la 30e conférence de l’Onu sur le changement climatique (COP30) s’ouvre ce lundi à Belém, au Brésil, aux portes de l’Amazonie, pour deux semaines d’intenses négociations. Quelque 50.000 participants y sont attendus.
Dans un contexte international tendu — guerre en Ukraine, tensions commerciales, crise entre les États-Unis et le Venezuela et retrait prochain des États-Unis de l’accord de Paris —, la diplomatie brésilienne mise sur le concept de « mutirão », un travail collectif inspiré des traditions autochtones, pour faire avancer l’agenda climatique.
La COP30 a été précédée d’un sommet des dirigeants les jeudi et vendredi derniers, au cours duquel a été lancé officiellement le TFFF, le « Fonds pour les forêts tropicales pour toujours », destiné à lutter contre la déforestation en rémunérant les pays en développement qui protègent leurs forêts. Le Brésil espère réunir 25 milliards de dollars de fonds publics, complétés par 100 milliards de dollars d’investisseurs privés, avec plusieurs pays déjà engagés : Indonésie (1 milliard), Norvège (3 milliards sur 10 ans), France (500 millions d’euros) ou Colombie (250 millions de dollars).
Les enjeux climatiques et la mobilisation belge
Au-delà des financements forestiers, la COP30 devra faire le point sur les contributions nationales (CDN) des pays signataires de l’accord de Paris, dont certaines ont été remises tardivement. La Chine a transmis sa CDN seulement lundi dernier, tandis que l’Union européenne a fixé in extremis un objectif de réduction de -90 % des émissions d’ici 2040, assorti de nombreuses flexibilités.
Avec les politiques actuelles, la planète se dirige vers un réchauffement supérieur à +2,5°C d’ici la fin du siècle. La transition hors des énergies fossiles, le triplement de la part des énergies renouvelables, ainsi que le financement pour aider les pays du Sud à s’adapter au changement climatique resteront au cœur des discussions.
La délégation belge sera plus réduite que d’ordinaire, avec deux ministres — Jean-Luc Crucke (Climat, fédéral) et Cécile Neven (Énergie, Plan Air-Climat, Wallonie) — et une équipe de 80 personnes, contre 140 à la COP29 à Bakou. Pour la première semaine, la délégation est dirigée par Peter Wittoeck, chef du Service changements climatiques du SPF Santé publique. La Belgique ne sera pas représentée par son Premier ministre Bart De Wever, ce qui constitue une première depuis la COP24 de Katowice en 2018.
Le choix de l’Amazonie pour accueillir la conférence symbolise le rôle crucial de la région dans l’équilibre climatique mondial, mais pose aussi de nombreux défis logistiques et financiers, rendant la participation des ONG et des pays les plus pauvres plus difficile. Les signaux contradictoires du Brésil, qui a récemment autorisé Petrobras à explorer du pétrole au large de l’Amazonie, viennent complexifier l’organisation de l’événement.
















