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L’Iran s’enfonce dans une crise majeure. Depuis le 28 décembre, une vague de colère défie la République islamique, touchant désormais les villes les plus symboliques du pays, de Téhéran à la ville sainte de Qom. Malgré une répression qui a déjà coûté la vie à au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, selon l’ONG Iran Human Rights, la mobilisation ne faiblit pas.
Ce samedi, une figure majeure de l’opposition en exil a pris la parole. Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah déchu, a exhorté les Iraniens à changer de stratégie. Dans un message sur X, il appelle à « occuper l’espace public » samedi et dimanche en fin de journée.
« L’objectif n’est plus seulement de manifester, mais de se préparer à prendre les centres-villes en restant sur le terrain », a-t-il affirmé, marquant une volonté claire de passer d’une contestation mobile à une occupation permanente du territoire.
Black-out numérique tactique, massacre en vue ?
Sur place, la situation est d’autant plus inquiétante que le régime a instauré un black-out quasi total. Selon l’ONG Netblocks, la connectivité internet est tombée à 1 % de son niveau habituel. Pour Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix 2003, ce silence numérique n’est pas technique mais tactique : « La République islamique pourrait tenter de transformer cette nuit en un massacre sous le couvert du black-out ».
Des témoignages font déjà état de centaines de blessés graves, notamment aux yeux suite à des tirs de fusils à plombs. De son côté, le pouvoir judiciaire a averti que la punition des « émeutiers » serait désormais « maximale ».
Le guide suprême refuse de reculer
Face à ce qu’il qualifie de « vandalisme » soutenu par les États-Unis et Israël, le guide suprême Ali Khamenei a adopté un ton offensif : « La République islamique ne reculera pas ». Les Gardiens de la révolution ont qualifié la situation d’« inacceptable », promettant de protéger les fondements du régime en place depuis 1979.
Trump avertit Téhéran
Le président américain Donald Trump a estimé vendredi soir que le peuple iranien était « en train de prendre le contrôle de certaines villes », ajoutant que l’Iran avait « de gros problèmes ». Il a réitéré sa menace de « frapper très fort » si les autorités iraniennes continuaient de tuer des manifestants.
Ce mouvement est déjà considéré comme le plus important depuis les manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini en 2022, marquant une rupture profonde entre une partie de la population et les autorités religieuses.
















