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Le Premier ministre Bart De Wever a appelé jeudi à « un peu de pragmatisme » dans la politique climatique européenne afin de renforcer la compétitivité internationale des secteurs pétrochimique et sidérurgique. Ses déclarations ont été faites avant le sommet européen organisé à Alden Biesen, où les chefs d’État et de gouvernement de l’UE discutent de mesures pour mieux protéger l’économie européenne face à la concurrence des États-Unis et de la Chine.
De Wever a souligné que l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 n’est pas remis en question, mais que le chemin vers cet objectif ne doit pas conduire à une désindustrialisation, ce qui risquerait de rendre l’Europe plus pauvre tout en ayant un impact limité sur le réchauffement climatique. Le Premier ministre a suggéré, par exemple, de continuer à accorder des quotas gratuits d’émission de CO2 aux entreprises jusqu’à ce que la taxe carbone aux frontières démontre son efficacité.
Critiquant la proposition de la Commission européenne de réinjecter les revenus de la vente de quotas dans les industries concernées, De Wever a estimé que cette approche ne rend pas les produits européens plus compétitifs. Selon lui, il faut tenir compte de la réalité du terrain et des coûts structurels auxquels sont confrontées ces industries.
« Sans ces industries, nous ne produirons plus rien »
Le Premier ministre a également averti que la perte de ces secteurs aurait de lourdes conséquences géopolitiques : « Sans ces industries, nous ne produirons plus rien, y compris du matériel de défense. Nous deviendrions totalement dépendants des États-Unis et de la Chine, qui ne sont pas les partenaires commerciaux les plus amicaux actuellement ».
À Alden Biesen, les dirigeants européens discutent aussi de projets de longue haleine tels que l’intégration des marchés financiers et le commerce de biens et services. Mais De Wever a insisté sur les mesures à court terme : simplifier les démarches administratives et alléger temporairement certaines régulations pour soutenir les entreprises, qui, selon lui, « en ont désespérément besoin ».
















