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Scènes de guerre ce mardi à Rio de Janeiro : 2.500 agents mobilisés lors d’une vaste opération anti-drogue, 64 personnes tuées

par RTL info avec AFP
Scènes de guerre à Rio de Janeiro mardi : une opération policière d’envergure contre le principal gang de narcotrafiquants du pays a fait au moins 64 morts.

Une vaste opération policière contre des narcotrafiquants à Rio de Janeiro, au Brésil, a fait au moins 64 morts, dont quatre agents des forces de l’ordre, selon un nouveau bilan transmis à l’AFP par une source des services de sécurité locaux.

Le bilan précédent faisait état d’une vingtaine de morts. Avec ce nouveau bilan, cette opération est la plus meurtrière de l’histoire de l’Etat de Rio, situé dans le sud-est du Brésil.

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Les opérations policières musclées sont, malgré leur efficacité contestée, fréquentes à Rio, principale pôle touristique du Brésil. Elles visent notamment les favelas, quartiers pauvres et densément peuplés vivant souvent sous le joug de trafiquants de drogue.

L’opération de mardi, décrite par le gouverneur de l’Etat de Rio, Claudio Castro, comme la « plus grande de l’histoire » de cet Etat du sud-est du pays, mobilisait 2.500 agents.

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Elle s’est concentrée sur deux ensembles de favelas du nord de Rio, Complexo da Penha et Complexo do Alemao, situées à proximité de l’aéroport international.

Un photographe de l’AFP a vu des policiers lourdement armés emmenant plusieurs hommes détenus, pour la plupart pieds et torse nus, à Vila Cruzeiro, une favela du Complexo da Penha.

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Si quelques habitants circulaient, la vie était presque à l’arrêt dans cette favela, où résonnaient de nombreux tirs, a-t-il constaté.

Le gouverneur Castro a fait état de « 18 criminels neutralisés ». « Malheureusement, il y a aussi des policiers morts », a ajouté l’élu de droite, sans préciser leur nombre, lors d’une conférence de presse.

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Drones

L’opération vise à « combattre l’expansion territoriale du Comando Vermelho (Commando rouge) », l’une des principales factions criminelles du Brésil, implantée dans plusieurs Etats du pays, a précisé le gouvernement de l’Etat de Rio sur le réseau social X.

Les autorités ont aussi annoncé l’arrestation de « 81 criminels » et la saisie de 42 fusils.

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Le gouverneur a précisé qu’au moins trente mandats d’arrêt concernaient des suspects venus d’autres Etats brésiliens, et évoqué la saisie d’« une grande quantité de drogue », sans donner davantage de précision.

Les policiers ont mobilisé deux hélicoptères, 32 véhicules blindés et « douze véhicules de démolition » utilisés pour détruire des barricades dressées par les narcotrafiquants pour empêcher le passage de la police dans les ruelles des favelas.

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Claudio Castro a publié sur X une vidéo d’un drone lançant un projectile depuis le ciel nuageux.

« C’est comme ça que la police de Rio est reçue par les criminels : avec des bombes lancées par des drones. C’est l’ampleur du défi auquel nous faisons face. Il ne s’agit pas de crime ordinaire, mais de narcoterrorisme », a-t-il commenté.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent aussi de longues colonnes de fumée s’échappant d’une favela, tandis que retentissent des rafales de tirs.

« Barbarie »

La Cour suprême du Brésil a imposé en 2020 certaines restrictions à ces opérations dans les favelas, comme la limitation de l’utilisation des hélicoptères et des actions dans les zones proches des écoles ou des centres de santé. Ces deux restrictions, cependant, ont été levées cette année par la même juridiction.

Des spécialistes et des organisations de défense des droits humains critiquent cette stratégie des forces de sécurité, la jugeant peu efficace contre les organisations criminelles.

La commission des droits de l’homme de l’Assemblée législative de l’État de Rio a annoncé qu’elle exigerait « des explications sur les circonstances de l’action, qui a de nouveau transformé les favelas de Rio en un théâtre de guerre et de barbarie », dans un message envoyé à l’AFP par la députée Dani Monteiro, présidente de la commission.

En 2024, environ 700 personnes sont mortes lors d’interventions des forces de l’ordre à Rio de Janeiro, soit presque deux par jour.

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