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L’Iran veut « conclure un accord » avec les Etats-Unis, a estimé vendredi Donald Trump, après que Téhéran s’est dit prêt à renouer le dialogue sur le nucléaire tout en excluant de discuter de ses capacités de défense et balistiques. « Je peux vous dire qu’ils veulent conclure un accord », a déclaré le président américain aux journalistes dans le Bureau ovale, sans divulguer le délai donné à Téhéran. « Si ce n’est pas le cas, nous verrons bien ce qui se passera ».
« Si les négociations sont justes et équitables, la République islamique d’Iran est prête à y participer », avait affirmé plus tôt le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, assurant, dans la ligne habituelle de l’Iran, que son pays n’avait « jamais cherché à se doter de l’arme nucléaire ».
Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays « ne feraient jamais l’objet de négociations ».
« La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre », a-t-il insisté, précisant qu’aucune rencontre n’était prévue à ce stade avec les Etats-Unis.
Uranium enrichi
Selon le média américain Axios citant des responsables américains, tout accord avec Téhéran devrait notamment inclure le retrait de tout l’uranium enrichi du pays, le plafonnement du stock de missiles à longue portée et un changement de politique vis-à-vis de certains groupes armés dans la région. En 2018 pendant son premier mandat, Donald Trump s’était retiré du pacte international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans plus tôt, et avait rétabli des sanctions. L’Iran s’est en riposte affranchi de la plupart de ses engagements.
Le temps est « compté » : le président américain avait menacé cette semaine l’Iran d’une attaque « bien pire » que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier. Washington s’était alors joint à la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique.
En cas d’attaque, Téhéran a menacé de s’en prendre « instantanément » aux bases et porte-avions américains en cas d’attaque. Et a aussi brandi la possibilité « d’attaques en profondeur contre le régime sioniste (Israël, NDLR) », selon un conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, Ali Shamkhani.
« Scénarios plus larges »
« Nous ne limitons pas le champ de la confrontation à la mer seule et nous nous sommes préparés à des scénarios plus larges et plus avancés », a-t-il déclaré vendredi, cité par l’agence de presse Tasnim, ajoutant que Téhéran connaissait mieux que ses adversaires la géographie régionale. A Istanbul, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, en recevant son homologue iranien, a jugé « vitale » la reprise des négociations sur le nucléaire « afin d’apaiser les tensions régionales ». La Turquie, membre de l’Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie. Moscou, allié de longue date de l’Iran, a lui aussi proposé sa médiation. Et le président russe Vladimir Poutine a reçu vendredi Ali Larijani, qui dirige la plus haute instance de sécurité en Iran.
Le contexte est particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l’inscription jeudi par l’Union européenne des Gardiens de la Révolution, son bras armé, sur la liste des « organisations terroristes ».
Cette force est accusée par les Occidentaux d’avoir orchestré début janvier la répression du vaste mouvement de contestation ayant fait des milliers de morts.
« Compromis »
Pour Serhan Afacan, directeur du centre d’études iraniennes Iram à Ankara, « le compromis n’est pas impossible mais ne peut être atteint qu’après de longs cycles de négociations et si les craintes sécuritaires de Téhéran, surtout vis-à-vis des Etats-Unis et d’Israël », sont adressées.
Avant Ankara, des pays du Golfe, dont certains abritent des bases militaires américaines, ont déjà appelé ces derniers jours à la désescalade.
Selon un haut responsable de la région en contact avec Washington, les Etats-Unis ne dévoilent pas leurs cartes. « Nous espérons que quoi qu’il arrive, cela débouchera sur la stabilité », a-t-il dit sous couvert d’anonymat, espérant que les Iraniens feront « les bons choix ».
Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des « émeutiers ».
Des ONG parlent de dizaines de milliers de morts potentiels mais le travail de recensement est entravé par les restrictions de communication, bien qu’internet ait été partiellement rétabli après trois semaines de coupure.
Retrouvez les dernières informations
18h29 > L’Iran veut « conclure un accord » avec les Etats-Unis, estime Trump
L’Iran veut « conclure un accord » avec les Etats-Unis, a déclaré vendredi Donald Trump, en ajoutant qu’il avait fixé à Téhéran un délai qu’il n’a pas divulgué.
« Je peux vous dire qu’ils veulent conclure un accord », a déclaré le président américain aux journalistes dans le Bureau ovale. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait communiqué aux Iraniens un délai, M. Trump a répondu « oui ».
17h20 > Que vont faire les États-Unis en Iran ? Des options « risquées » envisagées
Selon le New York Times, Donald Trump étudie une série élargie d’options militaires contre l’Iran, allant de nouvelles frappes ciblées à des opérations plus risquées, tout en renforçant la présence militaire américaine au Moyen-Orient.
12h03 > Face aux menaces, le chef de l’armée se dit prêt à une « riposte écrasante »
Le chef de l’armée iranienne, le général Amir Hatami, s’est dit prêt à une « riposte écrasante » aux menaces d’intervention américaine, après avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones stratégiques, a annoncé jeudi la télévision d’Etat.
Face aux « menaces auxquelles nous sommes confrontées », l’armée a pour « priorité de renforcer ses atouts stratégiques en vue d’une riposte rapide et écrasante à toute invasion et attaque », a déclaré le général, cité par la chaîne.
Sur son ordre, les régiments de combat ont été dotés de « 1.000 drones stratégiques » fabriqués par « l’armée en coopération avec le ministère de la Défense, conformément aux nouvelles menaces et aux enseignements tirés de la guerre de 12 jours » avec Israël en juin, a ajouté la télévision.
11h21 > le potentiel de négociations « est loin d’être épuisé », juge le Kremlin
La présidence russe a estimé jeudi que le « potentiel » pour que des négociations portent leurs fruits dans le dossier iranien était « loin d’être épuisé », après que Donald Trump a affirmé que le « temps était compté » avant une attaque.
« Nous continuons d’appeler toutes les parties à la retenue et à s’abstenir de recourir à la force pour régler ce différend », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point presse quotidien, estimant que « toute action coercitive ne ferait que semer le chaos dans la région ».
09h57 > Le chef de la diplomatie iranienne attendu vendredi en Turquie
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi est attendu vendredi en Turquie, qui souhaite jouer un rôle de médiateur afin d’apaiser les tensions entre Téhéran et Washington, a annoncé jeudi un responsable au ministère turc des Affaires étrangères.
Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan « réitérera l’opposition de la Turquie à toute intervention militaire contre l’Iran, en insistant sur les risques d’une telle initiative pour la région et le monde », et indiquera que « la Turquie est prête à contribuer à la résolution des tensions actuelles par le dialogue », a déclaré cette source.
09h30 > La Turquie prête à « renforcer sa frontière » avec l’Iran en cas d’attaque américaine
La Turquie est prête à « renforcer la sécurité à sa frontière » avec l’Iran en cas d’attaque américaine, a indiqué à l’AFP jeudi un haut responsable turc.
Les deux pays partagent plus de 500 km de frontière commune en partie sécurisée par un haut mur de séparation sur 380 km environ, « mais ce n’est pas suffisant », a estimé ce haut responsable sous couvert d’anonymat.
07h47 > l’UE pourrait inscrire les Gardiens de la révolution comme « organisation terroriste »
L’Union européenne pourrait décider jeudi d’ajouter les Gardiens de la révolution en Iran à la liste des organisations terroristes de l’UE, a indiqué la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
« Je m’attends également à ce que nous convenions d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes » de l’UE, a-t-elle affirmé peu avant le début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne.
Les informations du mardi 27 janvier
19h29 > L’Iran considérera les pays voisins comme « hostiles » si leur territoire est utilisé pour des frappes
L’Iran considérera les pays voisins comme « hostiles » si « leurs sol, ciel ou eaux sont utilisés » pour des frappes contre le pays, a averti mardi un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, cité par l’agence iranienne Fars.
« Ce message a été transmis » aux pays de la région, a ajouté Mohammad Akbarzadeh, menaçant en cas d’attaque de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport énergétique.
18h34 > Le président iranien avertit de « l’instabilité » causée par les menaces américaines
Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s’est prévalu de l’envoi d’une « armada » dans le Golfe.

« Les menaces (…) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n’auront d’autre résultat que de l’instabilité pour eux », a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne.
10h40 > Le nombre de morts vérifiés dépasse les 6.000, selon une ONG
Une ONG de défense des droits humains a affirmé mardi avoir confirmé la mort de plus de 6.000 personnes lors des manifestations ayant secoué l’Iran au début du mois, disant être toujours en train d’enquêter sur 17.000 autres décès potentiels.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une sanglante répression de ces manifestations et peinent à consolider leur bilan – qui pourrait être bien plus élevé – notamment à cause d’une coupure générale d’internet dans le pays depuis le 8 janvier. Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, affirme désormais avoir vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, 86 mineurs, 214 membres des forces de sécurité et 49 passants. L’organisation ajoute chercher encore à confirmer 17.091 décès.
Au moins 41.880 personnes ont par ailleurs été arrêtées, selon ce même groupe. Les autorités ont été accusées d’arrêter des gens blessés directement dans les hôpitaux, ce que le ministère de la Santé a nié lundi, assurant que tout le monde pouvait aller se faire soigner sans inquiétude.
01h19 > Le Hezbollah s’estimera « visé » par toute attaque contre l’Iran, prévient son chef
Le Hezbollah s’estimera « visé » par toute attaque américaine contre l’Iran, qui serait de nature à « embraser » la région, a prévenu lundi dans un discours le chef de cette formation libanaise soutenue par Téhéran.
L’Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, au moment où les États-Unis ont renforcé leur présence dans la région, avec l’arrivée dans le Golfe du porte-avions Abraham Lincoln et de son escorte. « Nous sommes concernés (…) et visés par une agression éventuelle », a affirmé cheikh Naïm Qassem, considérant que le Hezbollah pourrait également être attaqué.
Le groupe islamiste, « déterminé à se défendre », « choisira en temps voulu comment agir, s’il interviendra ou pas (…) mais nous ne sommes pas neutres », a-t-il ajouté.
Les informations du lundi 26 janvier

17h14 > Le porte-avions américain Abraham Lincoln est arrivé au Moyen-Orient
Le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés au Moyen-Orient, a annoncé lundi l’armée américaine, qui renforce ainsi sa présence dans la région à une période de fortes tensions avec l’Iran.
Le groupe naval est « actuellement déployé au Moyen-Orient pour promouvoir la sécurité et la stabilité régionales », a déclaré sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
16h11 > Une guerre contre l’Iran embraserait la région, prévient le chef du Hezbollah libanais
Le Hezbollah s’estimera « visé » par toute éventuelle attaque américaine contre l’Iran, qui « embrasera(it) la région », a prévenu lundi dans un discours le chef de la formation libanaise soutenue par Téhéran.
« Nous sommes visés par toute éventuelle attaque et sommes déterminés à nous défendre », a déclaré Naïm Qassem. Le groupe islamiste « choisira en temps voulu comment agir (…) mais nous ne sommes pas neutres », a-t-il ajouté.
Les informations du dimanche 25 janvier
18h11 > Des procès « au plus vite » contre les manifestants
Le chef du pouvoir judiciaire iranien a promis dimanche des procès « au plus vite » contre les manifestants arrêtés lors du mouvement de contestation ayant secoué la République islamique, et des punitions « sans la moindre clémence » pour ceux qui seront reconnus coupables.« Le peuple exige à juste titre que les accusés et les principaux instigateurs des émeutes et des actes terroristes et violents soient jugés au plus vite », a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï, cité par l’agence Mizan, l’organe du pouvoir judiciaire.
Promettant « la plus grande rigueur » dans les enquêtes, il a aussi estimé que « la justice implique de juger et de punir sans la moindre clémence les criminels qui ont pris les armes et tué des personnes, ou commis des incendies criminels, des destructions et des massacres ».
15h34 > Des manifestations à Bruxelles à l’appel de la diaspora iranienne en Belgique
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 25 janvier au rond-point Schuman, à Bruxelles, à l’appel de la diaspora iranienne. Une heure après le début de la manifestation, des centaines de participants continuaient d’affluer sur le site, soulignant l’ampleur de la mobilisation.Le rassemblement, organisé par des collectifs et associations d’Iraniens opposés au régime en place à Téhéran, a donné lieu à de nombreux slogans appelant à un changement de régime en Iran. Des chants en faveur du retour de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, ont notamment été scandés par la foule. Sa photo est omniprésente.
De très nombreux drapeaux étaient visibles parmi les manifestants. Le drapeau iranien historique, distinct de l’emblème officiel actuel, était largement arboré. Des drapeaux états-uniens étaient également présents, tout comme quelques drapeaux israéliens.À plusieurs reprises, Donald Trump a été acclamé par les manifestants. Lorsqu’un intervenant a affirmé que « Trump a été clair, il soutient le peuple iranien », la foule a répondu en chœur par des cris de « USA, USA, USA ».
Au-delà de ces appels, les manifestants ont également interpellé l’Union européenne, demandant une position plus ferme face au régime iranien. Des messages ont aussi été adressés au gouvernement belge et au roi des Belges, appelés à soutenir le peuple iranien et les opposants au régime.

Ce mercredi, l’ONG Iran Human Rights (IHR) a fait état d’au moins 3.428 manifestants tués en Iran depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir. 10.000 personnes auraient par ailleurs été arrêtées.
La forte hausse par rapport au bilan précédent s’explique par « de nouvelles informations reçues de sources au sein des ministères iraniens de la Santé et de l’Éducation », précise cette organisation basée en Norvège.
















