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L’aéroport de Charleroi en danger à cause d’une nouvelle taxe ? Le ministre-président wallon lance un appel d’alerte au gouvernement fédéral

par RTL info avec Benjamin Samyn et Xavier Preyat
Le ministre-président wallon s’inquiète de l’avenir de l’aéroport de Charleroi, ciblé par plusieurs taxes dont une fédérale. Adrien Dolimont a écrit au Premier ministre pour lui demander d’annuler sa taxe sur les passagers. Le libéral regrette une décision prise sans concertation avec la région.

En septembre 2025, Bart De Wever est invité par le Ministre-Président de la région wallonne : côte à côte, ils participent aux fêtes de Wallonie à Namur.

Six mois plus tard, l’ambiance est un peu plus tendue en cause de la nouvelle taxe fédérale d’embarquement qui doit passer à 10 euros par passager. Face à cette nouvelle mesure, plusieurs personnalités de la région Wallonne, dont Adrien Dolimont, ont écrit au Premier ministre. « Nous regrettons qu’aucune concertation avec la région Wallonne n’ait été retenue avant l’annonce d’une telle décision, guidée par la seule préoccupation d’augmenter les recettes fédérales au détriment des intérêts économiques et stratégiques de la Wallonie », notait le gouvernement wallon. « Nous y voyons là une atteinte à notre autonomie de gestion des politiques exercées par la région ».

« C’est simplement tirer un signal d’alarme en disant que si on continue comme ça, l’outil économique ne pourra pas continuer à se développer. En Wallonie, on a aussi un projet pour ces aéroports : c’est considéré dans la déclaration de politique régionale comme un outil central de développement économique. On doit vraiment mettre au centre du développement économique dans la région de Charleroi, qui en a quand même bien besoin. En mettant une pression fiscale telle que celle-là, c’est assez compliqué », estime Adrien Dolimont.

Dans ce courrier, le ministre président s’adresse donc notamment à David Clarinval, ministre fédéral de l’économie… tous les deux membres du MR. Cela n’a pas échappé à Thomas Dermine, bourgmestre PS de Charleroi. « J’ai l’impression que monsieur Dolimont, monsieur Jeholet et monsieur Clarinval, au fédéral, se voient toutes les semaines en bureau de parti. C’est toujours étonnant que des partis qui sont exactement les mêmes au niveau wallon et au niveau fédéral s’invectivent par lettres interposées. Je pense qu’aujourd’hui, l’intérêt, c’est que les partis francophones défendent les intérêts des francophones », dénonce-t-il.

Du côté de la direction de Gosselies, où nous rencontrons le patron de l’aéroport de Charleroi, il nous explique que son modèle économique est dépendant du low cost et que la taxe de 10 euros est ici beaucoup plus frappante. « Le ticket moyen du billet d’avion ici est à 46 euros et est quasiment le triple à Zaventem. Vous faites le calcul : c’est 10 euros pour nous, c’est 25 % d’un billet Ryanair à Zaventem, y compris sur des transports aériens à long courrier. 10 euros sur un billet à 1000 euros, vous faites le calcul, c’est deux fois rien. L’impact à Zaventem va être mineur », dénonce Christophe Segaert, CEO de l’aéroport de Charleroi.

La direction de l’aéroport de Charleroi demande que cette augmentation de la taxe ne soit pas votée par le Parlement ou a minima qu’elle soit proportionnelle au coût du billet d’avion.

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