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Plus de 4.000 foyers montois, sur les 12.000 touchés initialement par la panne, sont toujours sans gaz ce mardi soir. Cela fait donc six jours que ça dure pour certains habitants. Pourquoi cela prend-il autant de temps de rétablir la situation ?
Parce que le gaz est quelque chose de compliqué à gérer. On a dû fermer toutes les installations. C’est-à-dire 12.000 installations qui ont dû être fermées individuellement. Et ce n’est pas 99 %, mais bien 100 %, jusqu’à la dernière qu’on doit aller chercher. Avec des huissiers qui ont dû ouvrir des portes, et remplacer des serrures. Puis il y a eu un moment, et c’était d’ailleurs celui-là le plus long – ce qui nous a un peu surpris – où, lorsque tout a enfin été fermé, on a dû purger les installations et donc repousser du gaz dans 74 km de réseau. En plus, on n’a pas été aidé par la neige. En fait, on doit s’assurer qu’il n’y a plus du tout d’air, qu’il n’y a plus du tout d’oxygène en présence du gaz. Sinon, c’est dangereux. Et seulement quand tout cela est fait, on peut commencer. Et là, à nouveau, Ores est allé ouvrir individuellement tous les compteurs. J’insiste sur cette étape parce qu’on a trop d’appels et de demandes d’intervention pour des odeurs de gaz. Je sais que le temps est long, je sais qu’on est impatient, mais il faut éviter de faire des mauvaises manipulations.
Et justement, pour quand peut-on espérer un retour à la normale ?
Alors, j’essaie d’être prudent, parce qu’hier (lundi) on a eu une mauvaise surprise, et je ne vais pas raconter d’histoire : hier, je m’attendais clairement à un meilleur travail, à un meilleur résultat. Et je comprends la déception du bourgmestre, qui s’attendait à des choses et qui ne les a pas obtenues.
La bonne nouvelle, c’est que je peux dire que la journée d’aujourd’hui (mardi), elle, a été beaucoup plus fructueuse. Et les équipes se sont mobilisées. On a notamment parlé des collègues néerlandophones, mais aussi des collègues wallons, et bruxellois qui sont venus aider. J’ai également été en contact avec GRDF, le grand gestionnaire de réseau de gaz français, pour qu’ils nous mettent des ressources à disposition. Donc on a tout ça qui est mis en place actuellement.
Pour le retour à la normale, certains – très optimistes – chez moi disent qu’on va y passer la nuit. Moi, j’essaie d’être calme. Demain (mercredi) sera une grosse journée. Je crois qu’on aura besoin demain pour y arriver.
Pourquoi avoir attendu autant de temps, face à la complexité de la situation, pour demander de l’aide, que ce soit ailleurs en Belgique ou chez nos voisins français ?
On n’a pas attendu pour demander de l’aide. Seulement, ce qu’il faut bien comprendre, lorsqu’on est confronté à quelque chose de cette ampleur, c’est qu’encore faut-il le mettre en place. Il y a beaucoup de travail administratif, de planification à faire en amont. Et on a commencé avec des équipes, 150 personnes, de toute la Wallonie qui au départ suffisaient amplement à « faire jouer l’orchestre » parce qu’on était capable de structurer.
Et chaque fois qu’on a senti qu’on pouvait passer un palier, on a fait des appels à l’aide. Vendredi d’abord, les collègues de Sibelga sont venus nous rejoindre. Puis, les collègues de Resa sont venus. Et ce mardi matin, quand j’ai fait le bilan de la situation, le résultat était mauvais donc j’ai dit : « Là, maintenant, on va vraiment solliciter Fluvius ». J’ai donc appelé mon collègue flamand de Fluvius. J’ai aussi appelé les Français. Et donc on a des ressources, et on sent la différence, évidemment.
Dans le journal de lundi, un expert énergétique s’inquiétait de l’état du réseau dans lequel on n’investit plus et estimait qu’il y aurait forcément des récidives. Est-ce que c’est quelque chose qui vous inquiète aussi ?
Ces critiques ont fait très mal à mes équipes. Et je les comprends. Parce qu’ils aiment bien leur réseau gaz. C’est peut-être bizarre qu’on puisse aimer un réseau gaz. Mais croyez-moi, les gens que j’ai vus aujourd’hui, ils aiment bien leur réseau gaz.
On investit 85 à 90 millions d’euros chaque année dans ce réseau. Essentiellement, justement, pour des contrôles de sécurité. D’ailleurs, ces cabines sont plus contrôlées que votre véhicule. Tous les deux ans, il y a un passage pour vérifier. Donc, voilà. C’est trop facile, dans un bureau, de dire que les réseaux sont mal entretenus, qu’il n’y a pas d’investissement. Ce n’est pas le cas.
Maintenant, c’est une panne mécanique qui s’est passée. Dans tout élément mécanique – comme pour les voitures – ça peut arriver qu’un élément mécanique dysfonctionne. Aujourd’hui, j’ai presque la certitude à 100 % que c’est bien cela qui s’est passé.
Ce que je veux aussi dire, et j’en suis très satisfait, c’est que tout le système de protection du réseau et des habitations des gens a parfaitement fonctionné puisque tout s’est mis à l’arrêt, justement, par mesure de précaution.
Vous dites que cette panne est une situation exceptionnelle. Néanmoins, est-ce qu’il y a des leçons à tirer pour prévenir ce genre d’accident à l’avenir ? Qu’est-ce qui sera mis en place ?
Incontestablement, il y a des leçons à tirer. J’ai juste envie de vous dire, pour le moment, que la priorité dorée, c’est vraiment l’action, et l’intervention sur le terrain pour mettre fin à la panne. Et puis, on va essayer calmement, une fois qu’on aura la tête froide, de tirer des leçons.
J’ai entendu des idées qui sont bonnes de la part du bourgmestre, notamment celle de former des gens, les certifier pour pouvoir faire ce type d’intervention. Je pense qu’on devrait y réfléchir. C’est peut-être quelque chose que l’on peut faire. Et puis, il y a d’autres situations d’entretien que l’on doit peut-être faire évoluer. Par exemple un télé-contrôle plus poussé de nos cabines. À l’époque de l’intelligence artificielle, on peut peut-être faire mieux par rapport à tout cela. Voilà des idées que je lance ici et qu’on va devoir analyser de façon beaucoup plus approfondie et plus sérieuse.


















