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Le 4 juillet au soir, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avait profondément choqué l’opinion publique : on y voyait un chien pendu à une voiture en mouvement, une scène insoutenable qui avait immédiatement déclenché une vague d’indignation. Des milliers d’internautes s’étaient enflammés, lançant appels à la haine, menaces de mort, et même une pétition réclamant des sanctions exemplaires.
Mais derrière l’émotion et la violence des réseaux sociaux, la justice a mené son enquête. Et elle vient de conclure au classement sans suite du dossier de maltraitance animale ouvert à l’encontre du propriétaire du chien, estimant que sa bonne foi ne pouvait être mise en doute.
Un accident
L’enquête de la police liégeoise permet aujourd’hui de reconstituer précisément les faits. Ce 4 juillet, Ch., un habitant d’Oupeye, se rend dans un café de Dalhem avec son chien Arès, un Berger Allemand âgé de huit ans. Arès est bien connu des habitués : un chien calme, choyé, toujours accompagné de son maître.
Ce soir-là, en raison de l’affluence dans l’établissement, la gérante demande à Ch. de laisser son chien dans la voiture. Il obtempère, laissant une fenêtre entrouverte pour que l’animal puisse respirer. Il est alors environ 19h30. Vers 21h, Ch. revient brièvement à sa voiture, sans constater d’anomalie. Il repart peu après et quitte définitivement le café vers 22h. Il démarre son véhicule, pensant qu’Arès dort dans le coffre.
Ce qu’il ignore, c’est qu’entretemps, une personne non identifiée a brisé une vitre du véhicule, probablement pour permettre à l’animal de respirer davantage. Cette initiative va malheureusement se révéler dramatique : attaché par une longue laisse, Arès tente de sauter par la fenêtre brisée et se blesse grièvement sur les éclats de verre. L’autopsie confirmera que ces blessures ont causé sa mort.
C’est une conductrice, alertée par la scène macabre, qui klaxonne pour alerter Ch. Ce dernier s’arrête immédiatement et découvre le drame. Sous le choc, il se présente de lui-même à la police.
Représailles
La diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux avait déclenché un véritable lynchage du propriétaire de l’animal. Très vite, Ch. devient la cible d’un torrent de haine : insultes, menaces, appels à la torture, messages visant même ses enfants. Une pétition en ligne, retirée depuis, rassemble plus de 37.000 signatures en quelques heures, exigeant des poursuites contre lui.
Mais l’engrenage ne s’arrête pas là. Quelques jours après les faits, un inconnu met le feu à la maison de Ch., dans laquelle il dormait. Il parvient à sortir à temps. L’incendie a été qualifié de tentative de meurtre, d’autant plus grave que la maison est mitoyenne à d’autres habitations. L’auteur de cet acte criminel n’a jamais été identifié, et ce dossier a également été classé sans suite faute de preuve.

















