La société Veviba prévenue "deux semaines à l’avance" des contrôles AFSCA? "Tout ce qui devait être caché était caché"

Les révélations concernant la société de découpe et de transformation de viande Veviba, à Bastogne, continuent. Sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche", un ancien employé a fait de graves révélations. Selon lui, les dirigeants étaient prévenus avant un contrôle de l’AFSCA.

Pascal est intervenu par téléphone sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche". L’homme, licencié il y a un an, a travaillé pendant trois ans pour Veviba. Selon lui, l’AFSCA n’aurait contrôlé la société qu’une seule fois durant la période où il y travaillait. Pire que cela, les dirigeants étaient prévenus deux semaines avant la venue des contrôleurs. "Tout était nettoyé, tout ce qui devait être caché était caché, confie Pascal. Veviba n’était pas le seul à être mis au courant dans la région de Bastogne. D’autres gros restaurants sont mis au courant bien à l’avance. Je ne sais pas ce qui se passe mais certains groupes sont mis au courant."

Des accusations très graves auxquelles a réagi le Ministre-Président wallon Willy Borsus (MR). "Cela sous-tend qu’il y aurait une organisation au préalable. Evidemment, tout ceci mérite analyse et vérification. Les commissions parlementaires seront réunies la semaine prochaine pour éclairer l’ensemble des éléments de cette affaire."


"J'étais juste un petit"

La chroniqueuse Emmanuelle Praet a ensuite interpellé Pascal. L’homme a-il lui-même déposé plainte auprès de l’AFSCA en voyant tout ce qu’il se passait dans l’entreprise ? Sa réponse est négative. "J’étais juste un petit, j’avertissais mes chefs immédiats. Il y avait d’autres personnes, comme des responsables qualité, qui étaient mises au courant et là, c’était à eux de réagir."

A l’époque, l’homme n’a reçu aucune pression de la part de ses supérieurs. C’est aujourd’hui qu’il en ressent, en témoignant dans la presse. "J’en ai un peu mais ce n’est pas grave. J’ai reçu quelques propos sur mon Facebook, venant surtout d’anciens collègues. Mais je ne dis que la vérité, et je ne suis pas le seul."


"On parle de santé publique"

Au moment du début de l’enquête, Willy Borsus était ministre de l’Agriculture. Michel Henrion lui a donc posé la question : l’AFSCA a-t-elle transmis au ministre le moindre élément concernant un problème dans ces abattoirs ? "Absolument pas, réagit le ministre. Pendant toute la période durant laquelle j’ai exercé des responsabilités au fédéral, je suis absolument formel, en aucune façon. L’instruction était en cours mais au-delà de ça, on parle de santé publique, de protection des gens, de l’ensemble d’un secteur. Il y a une série de gens qui produisent, transforment correctement, des petites structures qu’il convient aussi de protéger."

Enfin, Pascal aurait-il lui-même mangé la viande qui sortait de chez Veviba ? "Non. J’envoyais des messages à certains membres de ma famille pour ne pas acheter de la viande au Delhaize."

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