Les détecteurs de mensonges bientôt intégrés complètement dans les techniques d'interrogatoire des policiers belges

Les détecteurs de mensonges bientôt intégrés complètement dans les techniques d'interrogatoire des policiers belges

Un projet de loi, débattu ce mercredi en commission justice de la chambre, vise à faire entrer pleinement le polygraphe ou "détecteur de mensonges" dans les techniques d'interrogatoire de la police. Aujourd'hui, aucun cadre légal n'existe. Les conditions d'utilisation sont énoncées dans une circulaire ministérielle confidentielle vieille de 15 ans (2003).

Deux députés proposent que le détecteur de mensonges soit officiellement reconnu comme technique d'interrogatoire par la police. Il est fiable à 95%. Pour le moment, cet outil sert très rarement en Belgique. Et son utilisation est encadrée de manière très large, chez nous.

Le polygraphe, c'est le nom du détecteur de mensonges. C'est un ensemble d'électrodes placés sur le corps et qui mesurent différents paramètres, comme les pulsations cardiaques, la fréquence respiratoire ou encore la résistance de la peau. En aucun cas, il ne permet de lire dans nos pensées. L'ensemble de ses données est retranscrit sur un graphe.

En Belgique, seuls, cinq enquêteurs de la police fédérale sont formés pour interroger avec cette méthode très particulière et seuls les suspects peuvent être soumis à des tests, pas les victimes et en plus, il faut que ces suspects soient en bonne santé physique et mentale. Ces policiers formés sont membres des associations américaines et canadiennes des polygraphistes. L'ensemble des interrogatoires sont réalisés selon des normes strictes et sont filmés.

Il ne faut jamais voir ces tests comme une preuve ultime. C'est plutôt un bon guide, puisque dans 95% des cas ils sont fiables. Cependant, ils constituent un bon complément aux déclarations, aux analyses et autres éléments d'enquête.

À noter aussi, qu'on peut toujours refuser de passer au détecteur de mensonge et qu'à tout moment un suspect peut arrêter un interrogatoire. Ces différentes précautions se retrouvent dans la nouvelle loi.

 Antoine Schuurwegen

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