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On a testé ce casque à réduction active de bruit dans un hélicoptère: à quel point isole-t-il vos oreilles ?

On a testé ce casque à réduction active de bruit dans un hélicoptère: à quel point isole-t-il vos oreilles ?
réduction active de bruit, Bose

Sony et Bose sont les rois des casques haut-de-gamme à réduction active de bruit et destinés au grand public. Avec un prix de base assez similaire (et assez élevé: environ 350€), ils sont capables d'annuler une grande partie de la pollution sonore. Le test du dernier Sony WH-1000XM3 permet de faire un match dont il est difficile d'élire un vainqueur.

Le marché des appareils à réduction active de bruit n'est pas nouveau, mais il est en forte croissance. Pourquoi?

Premièrement, le smartphone est devenu un objet du quotidien. Son utilisation, depuis l'avènement de la 4G, est constante, et ses performances ne font qu'augmenter. La plupart des utilisateurs l'utilise comme lecteur principal pour la musique et la vidéo.

Deuxièmement, la miniaturisation des composants et l'augmentation, constante elle aussi, de la performance des batteries au lithium, ouvrent de nouveaux horizons. Ça a permis de couper le fil de nombreux appareils, y compris les casques, tout en leur garantissant une autonomie décente.

La guerre Bose - Sony

Deux acteurs principaux se partagent le marché grand public: Bose et Sony, deux experts de l'audio depuis des décennies. Bose a réussi son coup en 2016 en sortant le QuietComfort 35, son premier casque à réduction active de bruit fonctionnant sans fil. Le succès a été immédiat car il était à la fois léger et confortable, très performant sur l'annulation du bruit ambiant et la qualité audio, et assez endurant au niveau de l'autonomie (20h). En 2018, une version QC 35 II est sortie, pour ajouter uniquement la compatibilité avec l'assistant vocal de Google, celui d'Apple (Siri) et depuis peu celui d'Amazon (Alexa).

Sony, de son côté, a mis plus de temps à conquérir un public, même s'il a sorti son MDR-1000X en 2016 également, mais un peu plus tard que Bose. On avait essayé la version 2017 (WH-1000XM2) et elle nous avait semblé légèrement moins pratique à utiliser que la référence Bose.

Il y a quelques jours, nous sommes allés à Amsterdam, dans un hélicoptère, pour tester la 3e version du casque sans-fil à réduction active de bruit de Sony, le WH-1000XM3. Les rumeurs prétendent qu'il parvient enfin à dépasser Bose, et on voulait en avoir le cœur net…


A gauche, le Sony, légèrement plus encombrant que le Bose

Quoi de neuf chez Sony ?

Ce n'est pas le tour en hélicoptère qui permet de juger les améliorations du casque de Sony au niveau de la réduction active du bruit ambiant (RBA). Le bruit assourdissant des pales et du moteur situé à 50 cm au-dessus de notre tête est effectivement annulé en partie (on entend toujours du bruit, il doit en rester 15-20%, d'après notre ressenti). Le casque du japonais fait de son mieux mais rien ne peut annuler complètement un tel vacarme. En revanche, dans notre Thalys pour revenir à Bruxelles, on a constaté une annulation complète des bruits du train. Dans l'avion, ce doit être pratiquement identique. Même les voix, talon d'Achille des systèmes à réduction active de bruit, sont plus effacées qu'auparavant. Beau boulot de Sony, qui a utilisé pour la première fois un processeur dédié à la réduction du bruit ambiant et fabriqué par ses soins: le QN1. Sachez également que l'application optionnelle permet de personnaliser la RBA en fonction de votre morphologie (cheveux, oreilles, etc) et de votre environnement. Le casque peut ainsi détecter si vous marchez, il n'annulera alors pas trop le bruit ambiant pour des raisons de sécurité. S'il comprend que vous en voiture, en train ou en avion, il agira autrement.

Et la qualité du son ? Ne l'oublions pas, le WH-1000XM3 coûte 380€ environ et doit donc également être au top au niveau acoustique. Allons droit au but: vous ne serez pas déçu. Le circuit d'amplification intégré a été revu et le défaut de ses prédécesseurs (au niveau des aigus) entièrement corrigé. Bref, le son est excellent, les voix se détachent parfaitement dans les chansons comme dans les dialogues des films. Comme c'est souvent le cas actuellement, les basses sont très profondes, ce qui dérangera certains. Mais à travers les réglages accessibles via l'application Headphones de Sony, on peut jouer sur l'option 'Clear Bass' et les atténuer.

Concernant les petits détails, Sony a équipé son dernier casque de la compatibilité Google Assistant. Si vous l'activez, il vous permettra de dialoguer avec l'assistant vocal intelligent de Google. Ce dernier sert à un tas de choses, mais vous pouvez lui demander votre agenda de la journée, d'envoyer en message ou de lire la notification reçue. Il suffit d'appuyer sur le bouton le plus large. Si vous désactivez l'assistant, ce bouton activera ou désactivera la réduction active de bruit. A priori, il est compatible également avec Siri, mais pas avec Alexa.

Autre point important: l'autonomie. Elle est de 30h environ et surtout, il y a la recharge rapide grâce notamment à l'USB Type-C: en 10 minutes, vous récupérez 5 heures d'autonomie. C'est un point essentiel…

Notons également la présence de deux micros (un sur chaque oreille), ce qui améliore la réduction active du bruit, et la qualité de votre voix lors des appels téléphoniques. Ces derniers, on l'a testé, s'avèrent être d'une grande clarté, pour le destinataire de l'appel comme pour celui qui porte le casque de Sony. Un vrai plus…

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Trois (petits) défauts

Jusqu'à présent, c'est presqu'un sans-faute pour le WH-1000XM3 de Sony. Mais il y a tout de même des critiques à faire. Malgré les efforts du japonais, le casque reste un peu plus encombrant que le QC 35 de Bose, sorti il y a pourtant deux ans. Rien de grave car le confort est excellent, mais ça joue un peu sur le look & feel.

Outre le bouton ON/OFF et Google Assistant, les commandes sont tactiles. Il faut faire un balayage du doigt vers le haut ou le bas pour régler le volume (on vous conseille de laisser le doigt appuyé à la fin de la course pour le réduire/augmenter plus vite), et vers la droite ou la gauche pour faire défiler les chansons d'une playlist. Si on appuie deux fois rapidement au centre, on répond à un appel ou on met la chanson en pause. Si on laisse sa paume posée, on coupe tout (y compris la RBA), pratique pour commander un café ou écouter une annonce dans le train, par exemple. C'est donc très complet, mais peu intuitif et même après une grosse semaine, les gestes n'aboutissent pas toujours. Rien ne vaut des boutons quand on commande à l'aveugle, quitte à limiter les fonctions accessibles (ce que fait Bose).

Enfin, mais c'est un détail pour certains, le WH-1000XM3 ne peut être relié qu'à un seul appareil à la fois. Si vous voulez passer d'un smartphone à une tablette ou un ordinateur, il faut le déconnecter du premier et le reconnecter à l'autre. On dit en termes techniques qu'il n'y a pas de connexion 'multipoint' en Bluetooth. Une option pratique qu'on retrouve chez Bose.

Conclusion: qui est le patron en 2018 ?

Comme souvent dans le haut-de-gamme, il est difficile de départager clairement deux concurrents. Le QC35 II de Bose (actuellement à 333€ en boutique belge) est un icône reconnaissable entre 1.000 et adoptée par de nombreux voyageurs. Simple mais efficace, il n'a qu'un seul défaut: il est identique depuis 2016, alors que Sony a sensiblement amélioré ses casques en 2017 et en 2018.

Le constructeur japonais a donc une légère avance au niveau technique avec son WH-1000MX3 (379€): la réduction active de bruit est un peu plus performante (on l'entend surtout sur les voix), et

Il est donc, d'un fifrelin, meilleur que son concurrent. Pour autant que ses petits défauts liés à l'appareillage Bluetooth (un seul à la fois), et ses commandes tactiles déroutantes, ne provoquent finalement pas chez certains un véritable match nul.

On a donc l'air de botter en touche, mais sachez que dans un cas comme dans l'autre, vous ne serez pas déçu. C'est cher, mais c'est du très bon matériel…


Le Bose (gris) plus discret que le Sony (beige)
 
 

 
 

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