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Début du procès d'hébergeurs de migrants du parc Maximilien: leurs soutiens dénoncent le "procès de la solidarité"

Une centaine de personnes ont dénoncé le procès des hébergeurs des migrants du parc Maximilien à Bruxelles. Onze personnes se retrouvent sur le banc des accusés. Leur soutien dénonce un procès politique, le « procès de la solidarité». Reportage de Laxmi Lota et Thomas Decupere.

Ces citoyens ne veulent pas que solidarité rime avec criminalité. Certains hébergent aussi des migrants et ne voudraient pas se retrouver devant la justice.

"On ne connait pas toujours le passé de ceux qu’on héberge", dit une manifestante. "Visiblement, il y en a un, d’après ce que j’ai compris, qui a hébergé un passeur. C’est vrai que nous on prend les gens au parc mais on ne sait pas exactement qui c’est", raconte-t-elle.

"Ce procès dit que la solidarité est illégale", déplore un autre. "Il faut vraiment se battre pour que ça ne devienne pas quelque chose que la justice valide", martèle-t-il.


"Il y a une Belgique solidaire"

Face à cette mobilisation citoyenne, la journaliste Anouk Van Gestel, sur le banc des prévenus, se dit rassurée.

"Ça nous a fait chaud au moral, c’est-à-dire que de voir cette mobilisation, de voir que malgré certaines menaces, certaines insultes, il y a aussi énormément de soutien et ça continue de prouver qu’il y a une Belgique solidaire", se réjouit la rédactrice en chef de Marie Claire Belgique.

Parmi les prévenus, 4 ont accueilli des sans-papiers, les autres sont des migrants : tous sont accusés de trafic d’êtres humains. Pour les avocats des bénévoles, ces accusations ne sont pas fondées.


"Héberger quelqu’un ce n’est pas illégal"

"Même héberger un passeur, ce n’est pas illégal. Héberger quelqu’un ce n’est pas illégal", déclare Selma Benkhelifa, avocate de Walid, l’un des bénévoles. "Imaginez que vous héberger un SDF belge, poursuit-elle. Est-ce que si ce type, à un autre moment, a volé quelque chose, est-ce que vous êtes complices de ce vol ? Non, parce que c’est pas vous qui avez volé. Vous lui avez donné un sandwich, une douche et un lit où dormir."

Les avocats des bénévoles du parc Maximilien demandent l’acquittement de leurs clients.

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