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En plus de la réparation, ce concessionnaire vous facture 25€ pour désinfecter votre voiture: "C'est exagéré"

Pascale scandalisée: pour un changement de pneu, son concessionnaire lui facture 25€ de supplément de désinfection
(c) BELGA
RTL INFO répond à vos questions

Les garages et concessionnaires automobiles sont autorisés à accomplir des réparations sur rendez-vous. Certains ont mis en place une désinfection des véhicules, parfois payante. Est-ce bien nécessaire ? Selon l'infectiologue Yves Van Laethem, de simples lingettes désinfectantes peuvent suffire à nettoyer l'intérieur d'une voiture.

Pascale a pu fait remplacer les pneus hiver de sa Peugeot par des pneus été chez son concessionnaire. Mais sur la facture, elle a constaté avec surprise un supplément de 25 euros pour une "désinfection de sa voiture". Offusquée, elle nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous. "Je travaille dans le milieu médical, nous ne faisons pas payer les protections que nous donnons aux nombreux patients qui se présentent", raconte-t-elle à titre d'exemple. "Une désinfection est nécessaire, mais 25 euros, c'est exagéré."

"Profiter du corona pour facturer 25 euros"

Pascale n'est pas la seule à avoir payé ce supplément et à s’en être scandalisé : Frédéric nous a également contactés après s'être rendu chez le même concessionnaire situé à Evere, en région bruxelloise : "Je trouve ça scandaleux de profiter du corona pour facturer 25 euros supplémentaires", commente-t-il. 

Votre véhicule sera décontaminé deux fois.

Pascale déplore que ce service ne soit pas gratuit, "pour la sécurité de tous". Une affichette à l'entrée du concessionnaire  indique d'emblée qu'un supplément pour nettoyage est demandé aux clients : "Un forfait de 25 euros sera facturé pour la décontamination de votre véhicule. Votre véhicule sera décontaminé deux fois." Motif invoqué : "Un souci de sécurité pour vous ainsi que pour le personnel", peut-on lire. 

Selon le concessionnaire, le véhicule est désinfecté une première fois lorsque vous le déposez. Une fois la réparation ou l’entretien effectué, le véhicule est à nouveau décontaminé. Ces deux nettoyages justifient ainsi le prix de 25 euros facturé au client. 

"C'est un grand nettoyage"

La directrice communication de Peugeot en Belgique, Anouk Van Vliet, précise que la désinfection des véhicules fait en réalité partie des mesures de sécurité globales imposées aux différents services du groupe PSA, constructeur automobile chargé notamment aussi de Citroën.

Pour protéger nos employés, nous demandons à tout le monde de suivre ces règles.

"Dans la mesure du possible, nous essayons de laisser le véhicule en quarantaine pendant 3 heures avant de commencer à travailler dessus", explique Anouk Van Vliet. "Même chose avant la restitution du véhicule. Mais attendre 3 heures avant et 3 heures après, ce n'est pas toujours possible pour les clients. Donc, nous proposons une désinfection."

Les frais facturés aux clients comprendraient l'équipement des mécaniciens : masques, gants, combinaisons jetables. Mais aussi les produits utilisés, les chiffons non pelucheux jetables, ainsi que le temps passé à ce nettoyage. "C’est un grand nettoyage, nous suivons des procédures spécifiques qui sont en accord avec les règles en vigueur dans le pays", conclut Anouck Van Vliet. "Pour protéger nos employés, nous demandons à tout le monde de suivre ces règles, pour que ce soit vraiment uniforme et que le niveau de sécurité soit le même dans tous nos services."

Pas payant partout

Ce service de désinfection a évidemment été mis en place dans le cadre des mesures sanitaires liées à la crise du coronavirus dans le pays. D’autres centres de réparation disposent donc d’un service similaire, cependant il n’est pas payant partout.

Nous avons contacté l’atelier spécialisé Monsieur Pneu : l’opérateur téléphonique affirme que les services de réparation et remplacement de pneus sont fortement demandés ces dernières semaines. "Je ne vais pas dire que c’est le rush, mais on est très demandés", précise-t-il. "Nous offrons le service de nettoyage à nos clients. Nous installons des protections en plastique dans l’habitacle, et nous nettoyons les surfaces avec des lingettes désinfectantes."

Nous désinfectons également la clef

Ce service est également gratuit chez les concessionnaires Volkswagen, dont le responsable presse nous fournit quelques détails supplémentaires. "Nos spécialistes nettoient et désinfectent les poignées de portières, le volant, les boutons de contrôle… Tout ce qui est susceptible d’être touché par le client. D’ailleurs, quand il dépose son véhicule, nous désinfectons également la clef. Ensuite, nous posons du plastique protecteur sur les parois interne."

Le véhicule est également désinfecté une seconde fois avant de le rendre à son propriétaire. Le tout n'est pas facturé aux clients.

"Le virus ne va pas s’envoler du tableau de bord au client"

Chaque garage ou concessionnaire y va de son propre nettoyage, tantôt drastique, tantôt plus rapide et moins coûteux. Mais ce système a-t-il une réelle utilité pour limiter la propagation du coronavirus ? Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, est très clair sur ce sujet : "Il suffit de nettoyer le véhicule, ou le laisser de côté quelques heures, mais le client ne risque pas d’apprécier la deuxième solution."

Si les mécaniciens choisissent l'option du nettoyage, il est important de nettoyer les surfaces en fonction du travail effectué. "Si on travaille dans le capot, ou sous la voiture, pas besoin de nettoyer grand-chose", éclaircit le docteur Van Laethem. "Il ne faut pas tout nettoyer : un nettoyage minimal des surfaces que l'on va toucher est nécessaire, puisqu'on suppose que le client a touché ces mêmes surfaces quelques instants plus tôt."

Ça me parait tout à fait superflu

Selon l'infectiologue, ce nettoyage s'avère moins complexe pour un garagiste, qui a moins de contacts avec les clients qu'un coiffeur, par exemple. Quant à la nécessité ou non de protections ou housses en plastique à l'intérieur du véhicule, le docteur n'est pas du tout convaincu. "Les protections internes en plastique, je pense que ça n’a pas vraiment de sens, sauf si on travaille vraiment sur l’intérieur du véhicule, pour remplacer un siège, par exemple. Même le tableau de bord, il ne faut pas le nettoyer : le virus ne va pas s’envoler du tableau de bord au client. Ça me parait tout à fait superflu."

Selon l’infectiologue, une désinfection efficace peut se faire à faible coût. "De simples lingettes suffisent, ou un produit désinfectant et un essuie-tout. Ça ne demande pas d’acheter du matériel spécifique. Ça ne va rien leur couter." 

 

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