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On dit souvent que les grands clubs ne meurent jamais. C’est vrai. Mais on oublie de préciser qu’ils n’échappent jamais aux polémiques. Ni au poids de leur propre histoire. Car plus un club a été immense, plus son passé devient une exigence… parfois impossible à satisfaire.
Regardez Anderlecht. Le club le plus titré de Belgique traverse une nouvelle zone de turbulences. Le directeur sportif vient d’être licencié. Le coach intérimaire, Ed Still, a décidé de quitter le navire pour Watford. Et sportivement, les Mauves continuent de naviguer sans boussole. La saison prochaine pourrait marquer… dix ans sans le moindre trophée. Dix ans pour un club qui a bâti son identité sur la domination et le beau jeu.
À Neerpede, l’exigence de victoire ne repose plus sur la qualité réelle du noyau, mais sur la grandeur passée. Comme si l’Histoire devait encore gagner des matchs à la place des joueurs. René Weiler l’avait parfaitement résumé : « L’Histoire ne marque pas de but. » Non. Mais parfois, elle pèse si lourd qu’elle empêche d’en marquer.
La frustration madrilène
Même logique à Madrid. Au Real, la victoire et le beau jeu sont une religion. En Liga, les Merengues ne sont pourtant qu’à un point du Barça. Cela n’a pas empêché Florentino Pérez de remercier Xabi Alonso il y a quelques semaines après une mauvaise série. Arbeloa est arrivé… mais la frustration est restée. Le jeu est pauvre. Et une question s’impose : où serait ce Real sans les 37 buts de Kylian Mbappé toutes compétitions confondues ?
La nervosité gagne même le Français, filmé en train d’insulter un arbitre. Preuve que dans les clubs géants, la pression ne dort jamais. Elle ronge, use, et déborde.
Anderlecht et le Real Madrid vivent des réalités différentes, mais un même paradoxe : leur passé glorieux est devenu leur juge le plus sévère. Les grands clubs ne meurent jamais, dit-on. C’est vrai. Mais ils vivent avec une histoire qui ne pardonne rien. Et qui, parfois, empêche d’avancer sereinement.
















