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La récolte de légumes a été excellente… mais une partie sera détruite : « Le prix est si faible que je n’oserais même pas vous le donner »

par RTL info avec Vincent Legraive
L’année 2025 restera dans les mémoires des maraîchers comme une année de contrastes. Après un été aride, l’arrière-saison pluvieuse a offert des récoltes automnales historiques. Pourtant, faute de demande, des tonnes de légumes frais risquent aujourd’hui la destruction.

Les étals regorgent de carottes, de choux, de poireaux et de courges. Mais derrière cette abondance se cache une réalité brutale pour les producteurs : les prix de vente ont chuté à un niveau dérisoire, bien en dessous de leurs coûts de production.

« Le prix est si faible que je n’oserais même pas vous le donner », déplore Alain Delvigne, conseiller technique au centre interprofessionnel maraîcher. Le constat est sans appel : pour certains légumes, la dégringolade est spectaculaire. Le chou pommé, par exemple, se négocie actuellement à 12 centimes l’unité, contre 70 centimes en temps normal.

Chez certains producteurs, le volume des ventes a fondu de 20 %. Résultat : les stocks d’invendus s’accumulent et, faute de débouchés, une partie de cette production d’excellence finira par être détruite.

Les Belges boudent-ils les légumes frais ?

Comment expliquer un tel désamour alors que les prix n’ont jamais été aussi attractifs ? Pour les agriculteurs, la consommation de produits frais s’érode chaque année. Un constat confirmé par Sciensano : si 80 % des Belges affirment manger des légumes quotidiennement, seuls 7 % d’entre eux consomment les 300 grammes recommandés par les autorités de santé.

« Est-ce que les gens savent encore cuisiner un chou rouge aux pommes ou préparer une choucroute maison ? », s’interroge Daniel Deprez, de la Ferme de la Vallée à Sambreville. Ce manque de savoir-faire culinaire, couplé à une demande trop faible face à une offre pléthorique, condamne les producteurs à brader leur travail.

Un appel à la consommation locale

Le message des maraîchers est clair : c’est le moment idéal pour remplir son panier de légumes de saison. Non seulement pour sa santé, mais aussi pour soutenir une filière locale qui se retrouve aujourd’hui dans l’impasse malgré une année de production exemplaire.

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