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Un rapport relatif à la surpopulation dans la prison de Huy dénonce la mise en danger du personnel pénitentiaire et des détenus, a indiqué jeudi matin le bourgmestre Christophe Collignon (PS) dans un communiqué. La situation au sein de la prison de Huy, déjà critique depuis plusieurs mois, vient d’être confirmée comme objectivement dangereuse par les autorités compétentes en matière de sécurité civile.
À la demande du bourgmestre, la zone de secours Hesbaye Meuse Condroz (HEMECO) a opéré mercredi une visite de contrôle de la prison. « Les conclusions du rapport qui m’a été adressé sont sans appel. Dans son état actuel, l’établissement présente un niveau de sécurité dangereux contre l’incendie, l’explosion et la panique. Par conséquent, un avis défavorable à l’exploitation du bâtiment a été émis », a commenté jeudi matin Christophe Collignon.
« Personnellement, j’ai honte. J’ai honte de voir des personnes dormir à terre dans des cellules qui sont insalubres, sur des matelas qui sont utilisés des dizaines et des dizaines de fois. Voilà les conditions actuelles », a expliqué Gréogry Wallez, secrétaire générale CGSP Justice. « Il faut savoir qu’on est régulièrement condamné pour traitement inhumain. On est quand même en Belgique aujourd’hui. Vivez à 3 dans 9 mètres carrés. Inévitablement, il y aura des frictions et c’est souvent les agents qui prennent les premières frictions ».
Le rapport relève que le planning de mise en conformité établi en février 2024 par le SPF Justice n’est pas respecté. « En violation des engagements pris, des éléments essentiels restent non finalisés, dont des portes coupe-feu, une conformité électrique et la réception de la nouvelle installation de détection incendie », peut-on lire dans les conclusions.
Lors de la visite de mercredi, les services de secours ont constaté la présence de 96 détenus, avec de nombreux matelas au sol, « une situation jugée dangereuse pour les prisonniers, les travailleurs et les équipes de secours ». Le nombre de détenus a même atteint les 109 unités, il y a quelques jours, contraignant 12 d’entre eux à dormir à même le sol.
« Plusieurs arrêtés communaux fixent, depuis plusieurs années déjà, une capacité maximale de 85 détenus, afin de garantir la sécurité incendie, la salubrité et la dignité humaine. Cette réglementation n’est à nouveau pas respectée », ajoute le bourgmestre Christophe Collignon, qui a adressé jeudi une mise en demeure à la ministre de la Justice.


















