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Selon nos informations exclusives, la justice a refusé le recours à l’intelligence artificielle dans l’enquête concernant la disparition d’Alicia Allemeersch, cette carolo n’ayant plus jamais donné signe de vie après être allée acheter du pain. La chambre des mises en accusation de Mons a rejeté la demande formulée par la famille de la jeune femme, estimant que l’utilisation d’un logiciel d’IA comportait des risques trop importants pour l’instruction.
Nous ne demandions pas que l’IA désigne un coupable
Les proches d’Alicia estimaient que l’intelligence artificielle pourrait aider à faire avancer l’enquête. C’est en tout cas ce qu’estime Jenna, la fille d’Alicia Allemeersch, qui avait 8 mois lors de la disparition de sa mère en 2006. Avec son avocat, elle avait formellement demandé l’utilisation de l’intelligence artificielle afin de déceler des pistes ou des incohérences dans les témoignages.
Mais le risque est trop grand, selon la chambre des mises en accusations de Mons. « Solliciter un logiciel d’intelligence artificielle pour aider à résoudre un fait criminel incertain sur la base des éléments d’un dossier qui ne contient peut-être, voire certainement pas, la réponse à la question (…) présente un risque trop important de mener à une fausse piste, voire une hallucination » , extrait de l’arrêt de la chambre des mises en accusations de Mons, datant du 8 décembre 2025.
« Nous ne demandions pas que l’intelligence artificielle désigne un coupable, nous demandions que l’IA serve de moyen d’appui pour, éventuellement, procéder au recoupement utile, qui aurait permis ensuite aux êtres humains de déterminer qui aurait pu être le coupable, comme dans toute procédure judiciaire », précise Olivier Dupont, avocat de Jenna, la fille d’Alicia Allemeersch.
Quid du secret de l’instruction ?
L’instance judiciaire souligne également le risque de violation du secret de l’instruction, en injectant le dossier dans un serveur externe.
« Il faudrait s’assurer qu’on utilise un serveur qui soit privé et sécurisé, puisque l’essentiel des données qui vont être traitées et générées, sont des données confidentielles issues de dossiers judiciaires et qui lus est qui sont à l’instruction, rappelle Fabian Lauvaux, avocat pénaliste au barreau de Charleroi. Dès lors, aucune fuite ne peut être possible et la justice doit le garantir ».
L’un des voisins souhaiterait témoigner à nouveau
Pourtant, de nouveaux éléments troublants avaient émergé autour du principal suspect, Geoffrey R., le dernier à avoir vu Alicia Allemeersch en vie. Cet homme, proche d’Alicia, est connu de la justice. Il a reconnu en 2010 soit 4 ans après les faits, que la jeune femme était passée chez lui juste avant de disparaître. Le témoignage de l’un de ses voisins, couché sur procès-verbal, interpelle sur son profil.
«J’ai assisté à de nombreuses scènes de violence lors desquelles Geoffrey cognait sur sa copine. Il frappait comme dans une bagarre entre hommes et j’étais sidéré qu’on puisse frapper une femme comme ça. Il est également arrivé qu’ils se battent sur le palier et que Geoffrey traîne sa copine dans les escaliers », a témoigné ce voisin, selon cet extrait de procès-verbal datant du 1er mars 2010.
Un témoin qui a récemment contacté l’avocat des parties civiles. « Il a expliqué qu’il était voisin, qu’il le connaissait et que sa personnalité l’interpellait, explique Olivier Dupont, avocat de Jenna, la fille d’Alicia Allemeersch. Il a dit que potentiellement, il souhaiterait livrer un nouveau témoignage à la police judiciaire ».
Geoffrey R., est présumé innocent. Si de nouveaux éléments ne sont pas signalés dans le cadre de la disparition d’Alicia Allemeersch le dossier sera prochainement clôturé.

















