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Liège en concurrence avec Lille, Rome ou Varsovie pour accueillir l’agence européenne des douanes : quels sont ses atouts pour gagner ?

Par RTL info avec Samuel Ledoux, Julien Raway et l’agence Belga
La Belgique a officiellement présenté jeudi la candidature de Liège pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne. La métropole wallonne est en concurrence avec huit autres candidates, dont Lille, La Haye, Rome et Varsovie, mais dispose d’atouts majeurs : sa situation géographique centrale, son lien avec le port d’Anvers et son savoir-faire universitaire unique en matière de douanes.

« En 2026, nous franchirons une étape historique pour nos douanes européennes. Nous passons d’un patchwork de 27 systèmes nationaux à une union douanière véritablement intégrée et axée sur les données », a expliqué jeudi le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot.

Face à une croissance fulgurante du commerce mondial en pleine mutation, la future autorité douanière européenne aurait une mission stratégique. « L’autorité douanière européenne va en fait collecter les données de tous les États membres », explique Valérian Fabry, doctorant en droits douaniers à l’Université de Liège. « Grâce à une analyse de risque commune qui va être menée par cette autorité douanière européenne, on espère qu’on va pouvoir avoir une approche commune en matière de contrôles. »

Atout principal de Liège : son université spécialisée dans le domaine

Pour défendre la candidature de Liège, la Belgique a misé sur des arguments structurels : l’expertise académique liégeoise en matière douanière, la position stratégique de la Belgique au cœur de l’Europe, un des aéroports cargo les plus importants d’Europe et les synergies naturelles avec le port d’Anvers-Bruges.

Le principal atout de la ville fluviale, en comparaison avec les villes concurrentes, est son expertise académique. L’université de Liège s’est en effet démarquée comme une référence européenne en matière de droit douanier, a souligné jeudi Vanessa Franssen, responsable de la Customs & Trade Law Academy (HEC). Elle s’est dite disposée à collaborer avec la nouvelle autorité.

L’université de Liège fait en effet figure d’exception en Europe. Elle est l’une des rares à accompagner spécifiquement des professionnels de la douane et plus de 700 spécialistes y ont déjà été formés. « Depuis 2018, nous avons développé des formations en douanes, accises et TVA internationale », détaille Marc Bourgeois, professeur en droit fiscal et doyen de la faculté de droit de l’université de Liège. « Nous avons maintenant un certificat ainsi qu’un master pour lequel nous avons reçu la reconnaissance comme formation d’excellence de la Commission européenne. »

Autre atout : sa position centrale et interconnectée via un des principaux aéroports de fret d’Europe

Autre atout principal, sa situation géographique centrale en Europe. « La nouvelle autorité européenne a besoin d’un environnement de travail facile d’accès et connecté au monde », des qualités que Liège peut offrir, selon Maxime Prévot.

Le ministre-président wallon Adrien Dolimont a prôné jeudi les qualités logistiques de la ville wallonne, qui détient l’un des principaux aéroports cargo du continent et le troisième port intérieur européen. « Depuis 2018, Liège est devenue un véritable laboratoire douanier européen. C’est ici que sont traités des flux massifs de colis et que sont contrôlés des produits sensibles : pharmaceutiques, défense, spatial. » Connecté premièrement via son aéroport spécialisé dans le transport cargo.

À Liège, 1,4 milliard de colis ont transité par l’aéroport l’année dernière dont près de 40 % du commerce électronique à destination de l’Europe. Ce qui en fait un acteur économique majeur pour la région. « La stratégie suivie par la métropole de Liège et par l’aéroport, c’est de créer des communautés, des écosystèmes qui à un moment donné atteignent une taille critique et commencent à attirer des externes et des investisseurs et profitent à la région au niveau du commerce, de l’horeca, de l’hôtellerie et au niveau de l’expertise qu’on a sur la logistique en région liégeoise », rappelle Christian Delcourt, le porte-parole de Liège Airport.

Un enjeu économique et de prestige avec l’accueil de 250 fonctionnaires européens

Accueillir cette nouvelle Autorité douanière européenne participerait d’autant plus à ces retombées intéressantes. « Avoir une autorité douanière européenne présente à Liège permettra de faire converger des flux, des personnes pour des raisons professionnelles qui viendront à Liège et aussi 250 fonctionnaires européens qui seront installés ici et qui contribueront à faire vivre la région », explique Jean-Christophe Peterkenne, le directeur général du groupement de redéploiement économique de la Province de Liège.

Pour accueillir l’autorité, où devront collaborer ces 250 personnes à terme, le bâtiment de génie civil du Val Benoît est envisagé, tout comme des alternatives près de la gare de Liège-Guillemins.

Outre Liège, sont également candidates Lille (France), Varsovie (Pologne), Porto (Portugal), Rome (Italie), La Haye (Pays-Bas), Malaga (Espagne), Zagreb (Croatie) et Bucarest (Roumanie).

La décision reviendra au Conseil et au Parlement européen, chacun disposant de 27 voix. Les villes en lice seront auditionnées le 28 janvier prochain par la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) du Parlement européen. Fin février, on saura si Liège deviendra la capitale européenne des douanes.

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