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85 tombes du cimetière juif de Marcinelle profanées: "Ça fait penser à une autre époque"

Les condamnations politiques étaient nombreuses vendredi au lendemain de l'annonce de la profanation d'au moins 85 tombes juives dans le cimetière de Marcinelle (Hainaut). Elles n'étaient pas les seules, nombreux sont les visiteurs ayant réagi face à cela.

Des sépultures ont été abîmées et des emblèmes arrachées. C'est l'étoile de David, un hexagone en forme d'étoile à six branches, formé par la superposition de deux triangles. Il est le symbole du judaïsme, dont il ne reste, aujourd'hui, dans ce cimetière, que des esquisses.

Ce midi, plusieurs personnes étaient présentes dans le cimetière de Marcinelle. "Non, la colère, pas la colère. Qu'est-ce que vous voulez faire ? Pour faire du tort à votre santé ? C'est déjà suffisant avec les séquelles que nous avons", "ça fait penser à une autre époque, une autre génération. L'histoire est un éternel recommencement".

Pour le président du comité des organisations juives de Belgique, Yves Ochinsky, ces actes sont forts en significations: "Ça veut dire qu'on prive les morts de leur identité juive. Et c'est un message clair on ne veut plus les juifs, les juifs sont exclus, les juifs dehors, y compris leurs morts".

La tension monte depuis que la guerre entre Israël et le Hamas a éclaté le 7 octobre dernier. "Nous nous attendions à quelque chose, nous sentions qu'il y avait plus d'antisémitisme, des tags sur un cimetière. Mais quand ça arrive, nous sommes très touchés" raconte Jacques Gurnicky, président de la communauté juive de Charleroi.

Les actes antisémites se sont vus multipliés au moins par dix depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Des réactions politiques fortes

Dès jeudi, le bourgmestre de Charleroi et président du PS, Paul Magnette avait dénoncé "avec force ces agissements abjects" dont la nature antisémite fait peu de doute, selon lui. "L'antisémite est un mal qu'il faut continuer à combattre de toutes nos forces", avait-il insisté

La ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib (MR) a pointé pour sa part un événement "honteux et choquant".

"Ceux qui sèment chez nous les graines du conflit au Moyen-Orient portent une lourde responsabilité dans la montée de l'antisémitisme, du racisme et de la haine", a fustigé la cheffe de la diplomatie belge.

Sur le réseau X (ex-Twitter), la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances, Marie-Colline Leroy (Ecolo) dénonce de son côté un acte "abject et lâche". "L'antisémitisme doit être dénoncé et poursuivi. Nous devons unir nos efforts pour mieux le combattre".

Par ce même canal, Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, fustige vendredi matin un "acte antisémite choquant et inadmissible". "Gageons que la police et la justice identifient et condamnent rapidement les auteurs".

Le président de DéFI, François De Smet, se désole lui aussi sur X de l'antisémitisme, "cette haine si forte qu'elle atteint les morts".

De manière notable, les faits n'ont suscité aucune réaction politique au nord du pays.

Depuis la reprise de la guerre au Proche-Orient début octobre, la Belgique est confrontée à une augmentation des actes antisémites, poussant les autorités à relever les mesures de sécurité envers la communauté juive.

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