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La presse internationale a réagi de manière critique envers l’attitude prudente du Premier ministre belge concernant la mobilisation des avoirs russes gelés au profit de Kiev, au centre des discussions européennes ces dernières semaines.
Jeudi, les Vingt-sept ne sont pas parvenus à s’accorder sur le projet d’utiliser ces milliards d’actifs russes pour soutenir l’Ukraine, confrontée à une invasion russe depuis plus de trois ans.
La majorité des capitales européennes veulent utiliser ces avoirs russes localisés auprès d’Euroclear. Mais le Premier ministre belge réclame des garanties solides de ses partenaires face aux conséquences potentielles de pareille décision.
«Empêtré dans des négociations budgétaires»
Une attitude qui passe mal auprès de certains observateurs et médias européens. L’influent Politico, spécialisé sur les questions européennes, est particulièrement critique. « Comment le Belge De Wever a fait dérailler le plan ’insensé’ pour prêter 140 milliards d’euros à l’Ukraine », titre ce vendredi le site.
« L’explication de son entêtement est qu’il est empêtré dans des négociations budgétaires sans résultat pour ramener les finances belges à l’équilibre », estime Politico.
Euractiv, un autre site d’informations européennes, n’est pas plus tendre : « L’Europe découvre que De Wever est plus difficile à convaincre que Trump », écrit en titre le pureplayer.
« Les leaders européens se sont retrouvés jeudi en sommet, renforcés par l’idée que Donald Trump semblait enfin s’associer à eux pour en finir avec la guerre en Ukraine. (Mais c’était) finalement pour se retrouver entravés par un nationaliste flamand récalcitrant », juge le média.
Le Monde se lâche
Mais c’est Le Monde qui se montre le plus mordant envers l’attitude de la Belgique, comparée avec celle de… la Hongrie de Viktor Orban.
« A l’exception de la très russophile Hongrie, les Vingt-Sept pensaient arriver à un accord de principe sur l’utilisation des actifs russes immobilisés sur leur sol. Las ! C’était sans compter sur la Belgique, qui a chamboulé le plan d’Antonio Costa, le président du Conseil européen, et d’Ursula von der Leyen, son homologue de la Commission », déplore le journal français.
Le Süddeutsche Zeitung pointe aussi l’entêtement belge à valider le « crédit de réparation » à l’Ukraine. « La Belgique a bloqué le plan pour utiliser les avoirs russes afin de financer un prêt de plusieurs milliards à Kiev, empêchant ainsi d’envoyer le puissant signal attendu à Moscou », se lamente le journal munichois.
Dans l’est de l’Europe, où la menace russe se fait davantage sentir, les réactions ne sont pas tendres non plus.
Le journal de référence polonais Rzeczpospolita donne ainsi la parole, sous couvert d’anonymat, à un diplomate qui dénonce l’attitude de la Belgique, un pays qui a soutenu durant des années qu’Euroclear était une institution belge afin de pouvoir taxer les avoirs russes, selon lui. « Et maintenant, subitement, on nous dit que c’est une institution européenne et que ce sont tous les Etats membres qui doivent supporter les risques ».
Le même article poursuit un peu plus loin : « La pression sur De Wever est d’autant plus grande que la Belgique a fourni jusqu’ici relativement peu d’aide à l’Ukraine et que ses dépenses en matière de défense sont parmi les plus faibles de l’Otan ».



















