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Victoire pour Ryanair, défaite pour la Ville : le gouvernement wallon n’approuve pas la taxe sur l’aéroport de Charleroi et parle « d’une stupidité économique »

par RTL info avec Belga
Le gouvernement wallon a refusé la taxe communale de 3 euros par passager que la Ville de Charleroi voulait imposer à l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport, estimant qu’elle risquait de nuire à l’activité économique de l’aéroport.

Le gouvernement wallon a décidé de ne pas approuver la taxe communale de 3 euros par passager au départ de l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) que les autorités communales souhaitaient imposer. Cette taxe devait permettre à la Ville de Charleroi d’engranger quelque 15 millions d’euros par an.

Suite à cette taxe, entre autres, Ryanair avait décidé de supprimer de nombreux sièges dans l’aéroport de Charleroi.

« Cette décision a été prise sur base d’une analyse économique et d’un principe de cohérence d’ensemble », a expliqué jeudi, à l’issue de la réunion de l’exécutif, le ministre-président régional Adrien Dolimont (MR). Le gouvernement wallon a en effet envoyé un courrier ce mardi au Premier ministre Bart De Wever pour demander une concertation sur l’augmentation de la taxe fédérale d’embarquement, qui risque elle aussi d’impacter lourdement l’activité de l’aéroport carolo.

« Sur le plan juridique, la Région dispose d’une tutelle d’approbation sur la fiscalité communale. Cette dernière bénéficie d’une certaine autonomie mais dans la limite du respect de la proportionnalité. C’est sur cet élément-là que nous allons fonder notre non-approbation de la taxe », a de son côté détaillé le ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes (Engagés).

Malgré cette décision, le budget carolo a été approuvé « et révisé sans nouvelle taxe », a poursuivi le ministre. Une ponction sur les bonis antérieurs non utilisés a ainsi été réalisée, « ce qui permet d’équilibrer le budget 2026 de la Ville ». Au terme de cette opération, Charleroi disposera encore d’un boni d’un million d’euros.

À noter que la Ville peut toujours contester la décision du gouvernement wallon devant le Conseil d’État.

Une taxe jugée « économiquement problématique »

« Dans la Déclaration de politique régionale (DPR), les choses sont très claires : l’aéroport est un outil de développement majeur. Taxer comme l’a fait le bourgmestre de Charleroi (le PS Thomas Dermine, NDLR) est une stupidité économique. Le gouvernement a été cohérent et a assumé ses responsabilités », a néanmoins insisté le ministre de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR).

« Les investissements importants doivent se faire. Or, nous sommes actuellement dans une stratégie de réduction de la dépendance des sociétés de gestion aux subsides wallons. Dans ce cadre, il faut un minimum de stabilité financière », a abondé la ministre en charge des Aéroports, Cécile Neven (MR).

Interrogé sur le fait de savoir si la taxe sur BSCA était plus stupide qu’une taxe sur la force motrice, réimposée par la majorité MR-Engagés et vivement critiquée tant par l’opposition que par le monde de l’entreprise, le ministre-président a admis que « tout ce qui est impactant sur les enjeux économiques est problématique ».

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