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Il y a 15 ans, 49% des élèves de première secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles choisissaient le néerlandais comme deuxième langue. Cette année, ils ne sont plus que 24%, voire moins dans certaines écoles. Comment expliquer ce désamour ?
"Je n'aime pas trop cette langue, je ne la trouve pas belle, dit une élève de 3e secondaire de l'institut Saint-Ferdinand de Jemapes, qui s'apprête à apprendre le néerlandais de façon obligatoire. Je lui préfère l'anglais". Cette préférence, beaucoup de Belges la partagent. En effet, selon les résultats d'études menées par Laurence Mettewie, professeure à l'Université de Namur, les jeunes Belges qualifient le plus souvent le néerlandais de "difficile" et de "moche", rapporte notre journaliste Christophe Deborsu, dans le RTL info 19H.
Souvent un choix des parents
Nos reporters ont assisté à un cours de néerlandais donné aux élèves de 5e secondaire de l'institut Saint-Ferdinand de Jemappe, en province de Hainaut. Dans cette école, seuls 12% des élèves choisissent le néerlandais comme deuxième langue en première secondaire. "Quand je dis que j'ai pris néerlandais, on me dit 'Ah pourquoi t'as pris néerlandais, c'est trop moche! Anglais, c'est beaucoup mieux'", raconte une élève. Dans sa classe, la plupart des élèves n'ont pas choisi d'être là. Ce sont leurs parents qui ont fait ce choix pour favoriser leurs chances dans la vie.
Les jeunes préfèrent l'anglais
L'anglais a beaucoup plus de succès que le néerlandais. Alors que seuls 24% des jeunes choisissent le néerlandais en secondaire (contre 49% il y a 15 ans), ils sont 74% à opter pour l'anglais. "C'est une langue universelle", considère une élève de l'institut Saint-Ferdinand. "Les chansons sont souvent en anglais, justifie une autre. C'est rare qu'on écoute de la musique en néerlandais".
L'image du Wallon fainéant joue-t-elle dans ce désintérêt?
L'image du Wallon fainéant, véhiculée par les flamingants, joue aussi dans ce désamour des francophones pour le néerlandais. "Ils se disent je ne vais pas m'investir pour l'apprentissage du néerlandais s'ils ont une image si négative des Wallons", tente d'expliquer Céline Lefebvre, professeure de néerlandais et d'anglais à l'institut Saint-Ferdinand de Jemappes.
La pénurie d'enseignants: un vrai problème
Certaines écoles du grand Mons ont décidé d'imposer l'apprentissage du néerlandais dès la 3e primaire. "Si on commence plus tard, on a des difficultés à s'y intéresser et s'y accrocher", explique Vinciane Wuilquot, directrice de l'institut Saint-Ferdinand de Jemappes. Mais pour imposer le néerlandais aux écoles, encore faut-il trouver des professeurs. "L'ancienne ministre de l'Enseignement, la socialiste Caroline Désir, voulait imposer le néerlandais en 2027, rapporte notre journaliste Christophe Deborsu. Mais elle s'est rendu compte à la fin de la législature qu'il n'y avait pas assez de professeurs de néerlandais".
Interrogée par notre rédaction cet après-midi, Valérie Gatigny, qui lui succède, répond que cette obligation du néerlandais est reportée à une date ultérieure non fixée. En attendant, cette pénurie d'enseignants complique l'apprentissage de celles et ceux qui ont opté pour cette option. Certains ont eu cinq professeurs en un an. "On a beaucoup de retard à rattraper, il faut beaucoup étudier pour ce cours, c'est compliqué", dit un autre élève de 5e secondaire.
Rappelons que, côté flamand, le français est obligatoire dès la première secondaire. L'anglais passe après.