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À partir de la rentrée scolaire 2026, une nouvelle école à Courcelles proposera un enseignement immersif en anglais dès la maternelle. Une décision qui fait réagir certains élus. La députée socialiste Dorothée de Rodder, en commission de l’Éducation ce lundi, s’est inquiétée. Selon elle, ce projet va à l’encontre de la feuille de route de la ministre de l’Enseignement, qui prévoit de généraliser l’apprentissage du néerlandais et de l’allemand dans les écoles.
Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement (MR), a tenu à clarifier : « Cela n’est pas contraire à notre feuille de route. La déclaration de politique communautaire prévoit explicitement d’exclure l’immersion de la généralisation éventuelle d’une langue nationale. »
Des initiatives locales pour devancer la réforme
En parallèle, des communes prennent les devants. C’est le cas de Jurbise, où le néerlandais sera obligatoire dès la 3e primaire dans les écoles du réseau libre communal. Le député MR Guillaume Soupart s’en est félicité, y voyant un exemple concret d’anticipation : « En 2027, le tronc commun rend deux langues obligatoires dès la 2e secondaire. Rendre le néerlandais obligatoire en primaire pourrait être un premier pas concret et progressif vers cette généralisation en secondaire. »
Il a cependant souligné un enjeu majeur : la pénurie d’enseignants, en particulier dans les langues modernes. Interpellée sur ce point, Valérie Glatigny a reconnu les difficultés mais réaffirmé la volonté du gouvernement : « Je salue les initiatives des écoles de généraliser le néerlandais, car l’apprentissage d’une des trois langues nationales revêt un caractère essentiel dans un pays comme le nôtre. »
Elle a rappelé les mesures prises depuis 2020 pour faire face à la pénurie de professeurs, notamment en facilitant l’accès aux fonctions d’enseignement. « Malgré les difficultés, nous n’entendons pas renoncer à nos objectifs », a-t-elle assuré.
Depuis la rentrée 2023, tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles apprennent obligatoirement une deuxième langue (en plus du français) dès la 3e primaire. À Bruxelles, il s’agit obligatoirement du néerlandais. En Wallonie, les élèves peuvent choisir entre le néerlandais, l’allemand ou l’anglais.
Certaines obligations sont déjà en vigueur, notamment : dans les communes wallonnes de la frontière linguistique (Comines-Warneton, Mouscron, Flobecq et Enghien) ; dans certaines communes proches de la Communauté germanophone (Malmédy, Waimes, Baelen, Plombières et Welkenraedt), la seconde langue peut être le néerlandais ou l’allemand ; ailleurs en Wallonie, les écoles peuvent proposer l’allemand, le néerlandais ou l’anglais.
La déclaration de politique communautaire insiste sur l’importance des langues nationales. Cette orientation se concrétisera pleinement dès 2027, avec le tronc commun qui imposera l’apprentissage de deux langues (néerlandais, allemand ou anglais) en plus du français dès la 2e secondaire.


















