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« État d’esprit positif », « on doit aboutir », « j’ai de quoi tenir quelques jours » : les politiques bien déterminés avant d’entrer en conclave pour Bruxelles

par RTL info avec Belga, Benoît Duthoo et Thomas Decupere
Les sept partis (MR, PS, Les Engagés, Vooruit, Groen, Anders et CD&V) sont entrés en conclave pour former un gouvernement à Bruxelles depuis 10h30 ce mardi. Avant de pénétrer dans le bâtiment de la Fondation universitaire de Bruxelles, les négociateurs ont tous fait part de leur détermination à aboutir à une solution.

Journée cruciale à Bruxelles dans la formation d’un gouvernement. Alors que le conclave proposé par le MR a débuté ce mardi à 10h30, les partis vont donc tenter de former un gouvernement bruxellois. Les discussions se tiennent à la Fondation universitaire de Bruxelles.

Après plus de 600 jours de négociations, les sept partis ne se quitteront que lorsqu’ils seront parvenus à un accord. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est à l’initiative de ce conclave et espère trouver une solution d’ici la fin de la semaine : « L’état d’esprit est positif. Je pense que maintenant on n’a plus le choix. On va rentrer là-dedans et on n’en sortira plus tant qu’on n’a pas de résultats. »

« C’est la première fois qu’on la sent »

« Tous les chefs de délégation dorment à la Fondation Universitaire », a rajouté le président du MR. « Je pense que la meilleure preuve que les choses sont apaisées, c’est que tout le monde va se retrouver dans cette pièce. C’est qu’il y a une volonté partagée de réussir. Et c’est la première fois qu’on la sent, en tout cas aussi fortement », se félicite-t-il.

« On connaît les limites de chacun, donc maintenant on va avancer dans ces limites. Mais si tout le monde est autour de la table, c’est qu’on a pu aussi avoir des contacts qui permettent de rassurer aussi sur certains aspects », affirme encore Georges-Louis Bouchez juste avant d’entrer en conclave.

L’objectif 2029 d’Anders

Les libéraux flamands d’Anders qui refusaient jusqu’ici de négocier sans la présence de la N-VA, ont finalement changé d’avis. Dirk de Smet a notamment déclaré : « Je pense qu’on a eu beaucoup de discussions. Les esprits ont évolué et maintenant à nous de transformer cela dans un accord clair qui donne à nouveau un peu d’espoir aux Bruxellois. »

Toutefois, les libéraux flamands ont fixé des conditions, la principale étant le retour à l’équilibre budgétaire en 2029. Un objectif partagé par la plupart des partis négociateurs.

« Je pense que l’équilibre budgétaire en 2029 est vraiment quelque chose d’essentiel. C’était indiqué d’ailleurs dans le communiqué de départ qui était l’invitation. Je pense qu’en tout cas cette condition-là est claire pour tout le monde », a par exemple affirmé Georges-Louis Bouchez.

Pour Yvan Verougstraete (Les Engagés), « si on pouvait même faire un bon en 2029, je n’en serais que plus heureux. Mais pour être sérieux deux minutes, ce qui est plus important, c’est que dès les prochaines semaines, nous fassions des vraies réformes. »

En revanche, pour Vooruit, cette exigence d’équilibre budgétaire en 2029 est uniquement portée par Anders. « Les autres partis ont toujours dit que ça pouvait être un peu plus tard, parce que l’exercice qu’on doit faire est déjà hyper difficile », a insisté Ans Persoons.

J’espère qu’on va arrêter les petits jeux de ‘qui va avec qui’
Elke Van den Brandt (Groen)

De son côté, Elke Van den Brandt (Groen) a réaffirmé l’objectif poursuivi par Groen : « Chaque parti a ses conditions. Pour Groen, la qualité de vie des Bruxellois est essentielle. C’est pour cela qu’on a demandé un mandat aux électeurs. Je veux défendre ce mandat à une table, alors j’espère qu’aujourd’hui on va vraiment pouvoir parler de ça et arrêter les petits jeux de ‘qui va avec qui’ et qui nous embêtent depuis déjà 600 jours. »

La ministre Groen est en tout cas du même avis que Georges-Louis Bouchez : la situation ne peut plus durer. « Ça a assez duré, mais on l’avait déjà dit il y a un an. L’exercice est devenu encore plus difficile, mais je pense, enfin j’espère qu’aujourd’hui tout le monde a compris qu’on n’a pas le choix, qu’on doit aboutir. »

Selon Yvan Verougstraete, « les uns et les autres se sont rendu compte qu’il n’y avait pas d’autres options et ont pris conscience qu’il fallait pouvoir s’engager et y aller en voulant réellement trouver une solution. »

« C’est normal que chacun ait des priorités, mais la seule vraie priorité c’est que dans les mois et les semaines qui arrivent, les réformes commencent à avoir lieu, le reste c’est du blabla », insiste-t-il également. Le président des Engagés l’assure : il peut rester quelques jours s’il le faut, « j’ai de quoi me changer et de quoi tenir. »

« En tout cas, celles et ceux qui sont autour de la table aujourd’hui ont en commun l’intérêt des Bruxelloises et des Bruxellois, de la défense de Bruxelles comme région à part entière, ça c’est très important évidemment », certifie quant à lui Ahmed Laaouej (PS).

« Des concessions, tout le monde va en faire. Ce n’est pas facile de faire des efforts, donc on va les écrire. Et il y a assez de bonne volonté autour de la table pour y arriver », a-t-il affirmé avant de commencer ce conclave bruxellois.

« Personne n’est choisi ou exclu »

Juste avant l’ouverture du conclave, le président libéral a aussi semé le doute sur l’identité du prochain ministre-président de la Région bruxelloise. Il a affirmé sur X qu’à « ce stade, toutes les hypothèses sont ouvertes et sur la table » pour désigner le nouveau ministre-président de la Région. « Personne n’est choisi ou exclu », ajoute-t-il.

Un message publié peu après une information de La Libre, qui faisait savoir ce matin que Valentine Delwart (MR) était parmi les candidats favoris au poste de ministre-président. Interrogé, Georges-Louis Bouchez a toutefois semé le doute sur cette hypothèse. « Vous allez encore être surpris », a-t-il répondu.

Un conclave de la dernière chance. Mais c’est aussi probablement la meilleure chance d’avoir un gouvernement depuis les élections de juin 2024, et ce pour deux raisons.

D’abord, parce que les sept partis réunis ont la majorité, tant du côté francophone, que du côté néerlandophone, ce qui est une première. Et ensuite, parce qu’ils ont tous accepté de participer à un conclave, dont la règle, en principe, est de ne pas sortir sans un accord.

Les négociations risquent de durer pendant plusieurs jours, raison pour laquelle les 14 chambres disponibles à la Fondation universitaire de Bruxelles seront occupées par les négociateurs bruxellois.

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