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« C’est là où le client se fait avoir » : une société réclame 4.000€ à Fabrice pour des évacuations bouchées, quel est le juste prix lorsque l’on fait appel à un plombier ?

par RTL info avec Charlotte Simonart et Xavier Preyat
Il est parfois difficile de savoir quel est le juste prix lorsque l’on fait appel à un plombier. Évier bouché, chasse qui coule : de petits tracas que l’on aimerait voir réglés au plus vite. Mais le risque d’arnaque est présent. Combien devriez-vous débourser en moyenne pour ce type d’intervention ? Nous avons posé la question à deux professionnels.

Fabrice est propriétaire d’une maison en location. Il y a deux semaines, ses locataires le contactent parce que les évacuations d’eau se sont bouchées. Douche et évier sont alors hors d’usage, et les toilettes débordent. Occupé par son travail, il cherche une solution sur Google. Il décide de se fier aux avis positifs et contacte une société de débouchage.

« Je les contacte par téléphone, ils me demandent un paiement au préalable parce que je ne suis pas sur place, donc ils me demandent de payer d’avance », témoigne-t-il. Soucieux de régler le problème de ses locataires, Fabrice effectue un virement immédiat de 265€.

« J’ai été surpris par le montant du devis »

La société de débouchage se déplace ensuite dans la maison. Après inspection, elle estime que le bouchon demandera de gros travaux. « Ils me présentent un devis de 4.000€ », explique Fabrice. « Je suis surpris par le montant de celui-ci », ajoute-t-il. Cette fois, Fabrice a le bon réflexe et ne paie pas.

Il s’adresse à une autre société qui s’engage à facturer uniquement lorsque c’est débouché. « Il est allé au premier étage avec un certain équipement et même pas dix minutes plus tard, le WC était débouché et toute la canalisation de l’immeuble refonctionne correctement depuis », affirme Fabrice, soulagé.

Les interventions pour une chasse d’eau qui coule sont un grand classique pour Laurent Lemmens, plombier chauffagiste : « Ici, on a deux choses à vérifier, le joint de la cloche et votre flotteur », explique-t-il à un client.

Quelques pièces à changer, pour un problème qui est, dans la grande majorité des cas, mineur. « Une fois sur deux c’est le joint qui est défectueux. Dans ce cas, c’est une histoire de quelques euros. Sinon ça peut aussi être le flotteur qui stoppe l’eau. Si on doit remplacer cette pièce, c’est quand même 50 euros, mais ça reste raisonnable », explique Laurent Lemmens.

Des interventions forfaitaires

Pour une heure de travail, une telle intervention devrait donc vous coûter jusqu’à 150, voire 200 euros TVA comprise, en fonction du coût du déplacement.

Autre demande régulière : une chaudière à l’arrêt. Et là encore, le prix peut être forfaitaire. Laurent Lemmens énonce différents scénarios : « On va tourner entre 150 et 200 euros pour un forfait de dépannage. Après, si on a éventuellement une pièce à remplacer, la première intervention sera surtout en diagnostic, et on va repasser par après avec la bonne pièce et le remplacement. »

Cette fourchette de prix est également appliquée par Yves Binon, administrateur délégué de « Binon et Fils », qui exerce dans le Hainaut. Selon lui, « une baignoire qui fuit, un évier bouché, tout dépend du temps de l’intervention. Si on ne reste qu’une heure, ça coûte une centaine d’euros, pour déboucher l’évier. »

Des prix qui peuvent doubler

« Maintenant, s’il y a des tuyaux cassés, il faut souvent faire intervenir les assurances et donc ça nécessite un devis. Les assurances sont attentives à tout ce qu’on demande, notamment aux prix du déplacement, de la main-d’œuvre, etc. », nuance Yves Binon.

Comptez 70 euros, TVA comprise, pour chaque heure supplémentaire d’intervention. Des prix qui bien souvent doublent le week-end et les jours fériés. Mais attention aux plombiers disponibles bien trop facilement. « Bien des gens viennent vous dépanner le week-end, vous leur donnez autant, c’est bon, et pas de papier, rien du tout, donc vous n’avez aucune preuve de ce que vous avez donné », alerte Yves Binon.

« Je pense que comme un médecin, il faut avoir un plombier, un chauffagiste de famille, qu’on sait qu’on peut appeler à tout moment. Maintenant, ce n’est pas toujours évident de trouver quelqu’un qui travaille 7 jours sur 7 », affirme-t-il.

Attention aux arnaques dans l’urgence

L’impatience des clients est souvent ce qui les rend plus vulnérables aux arnaques : « Le client veut tout, tout de suite, et c’est là où il se fait avoir par des sociétés malhonnêtes », déplore Laurent Lemmens. « Un bon plombier chauffagiste, il a du travail, donc c’est rare qu’il puisse intervenir dans la journée. À moins qu’il y ait vraiment une intervention, une fuite de gaz ou un risque de mort, mais pour un évier qui est bouché ou une chasse qui coule, on n’est pas à un jour près », souligne-t-il.

Étienne Mignolet, porte-parole du SPF Économie confirme lui aussi ce facteur de risque : « On a peut-être tendance à se jeter sur le premier qu’on a trouvé, via un moteur de recherche par exemple. Et donc on est dans une situation de vulnérabilité par le fait qu’on est dans une situation d’urgence. »

Une règle d’or pour éviter les arnaques : ne jamais régler en liquide le jour même de l’intervention, et attendre la facture que l’on va pouvoir analyser avant tout versement.

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