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"Il n'y a pas de profil à niveau 4 ": voici comment l'OCAM procède pour juger de la dangerosité d'un individu

Benjamin Samyn nous détaille le rapport de l'OCAM, l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace. 650 personnes surveillées en Belgique.

"3 questions à" chaque soir, l'occasion d'au mieux comprendre ce qui se passe près de chez nous et le monde qui nous entoure. Retour ce soir sur le rapport publié ce mardi par l'OCAM, l'organe qui gère, qui analyse la menace terroriste en Belgique. Benjamin Samyn répond à nos questions.

Ce rapport publié aujourd'hui précise que finalement le nombre de personnes qui sont surveillées est un petit peu moins nombreux que les années précédentes. C'est plutôt une bonne nouvelle ?

Oui tout à fait. En 2023, on passe de 700 extrémistes et terroristes qui font l'objet d'un suivi prioritaire à 650 individus. C'est une baisse de 7%. Ça s'explique en partie parce que le gros de la crise syrienne est désormais derrière nous. Alors ces personnes sont répertoriées dans la banque de données commune. C'est l'OCAM qui est responsable de cette banque d'informations. Il faut également savoir que chaque personne est évaluée et le niveau de sa menace est déterminé de manière individuelle, selon différents critères bien précis, les intentions de la personne, les capacités à agir ou les antécédents ou les problèmes psychiques. Donc certaines personnes sont par exemple classées niveau 2 de dangerosité, d'autres niveau 3. Mais Gerd Verkotterhorn, le patron de l'OCAM nous l'a dit, il n'y a pas de profil à niveau 4 actuellement sur le territoire belge.

Un niveau 4 c'est le plus haut sur l'échelle. Alors qui sont finalement ces personnes qui sont surveillées ?

88% ont un profil djihadiste, 9% d'extrémistes de droite, 2% d'extrémistes de gauche et le dernier pourcent constitue finalement le reste de la menace. Il y a donc sur les 650 personnes répertoriées, 426 qui sont parties vers une zone de conflit pour rallier un groupe terroriste ou qui en reviennent ou même qui ont été empêchées de partir. On estime que plus ou moins 200, 150 sont probablement décédées. Il y a également 40 personnes qui choisissent de commettre des actions terroristes en Belgique. Ils sont 90 à propager la haine et à exercer une influence en justifiant le recours à la violence contre l'état de droit. Il y a 110 extrémistes potentiellement violents qui n'ont pas encore entrepris de démarche concrète. Et enfin 23 qui sont condamnés pour terrorisme interné ou faisant l'objet d'une mesure de protection.

L'OCAM est chargée d'évaluer tous ceux qui évoluent chez nous. On sait qu'il y a eu des tentatives d'attentats ou des attaques terroristes encore en octobre dernier. On estime que ce sont des loups solitaires chez nous et que finalement le profil de ces personnes a fortement évolué ?

C'est une des analyses qui est faite actuellement. Et effectivement ce qu'on remarque aussi c'est qu'au niveau de l'OCAM il y a eu une véritable évolution dans la manière dont on analyse les informations. Il y a un meilleur échange des informations, plus de transparence et de collaboration entre les services. Il y a par exemple une nouvelle loi qui a été présentée ce matin lors du point presse de l'OCAM. Elle fait suite notamment au décès en 2022 de Thomas Monjoie. C'est un policier à Schaarbeek qui a été tué par une personne radicalisée mais aussi déséquilibrée qui venait juste de quitter l'hôpital. Désormais les services de secours et les services de police pourront dans la légalité échanger des informations précises par rapport à certains risques et certaines situations dangereuses.

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