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L’état de nos routes est presque devenu un marqueur national. Cet instant où vous franchissez la frontière et que les nids-de-poule vous rappellent que vous êtes bien retour au pays…

Le premier facteur pour expliquer cela est la densité du trafic et le nombre de poids lourds empruntant notre réseau, carrefour de l’Europe. Le climat plus instable chez nous que chez nos voisins européens fragilise également nos infrastructures routières. L’état de nos routes est aussi le résultat d’un manque d’investissement depuis des décennies et d’une mauvaise gestion politique.

Le réseau routier et autoroutier belge totalise 207.029 km. Le deuxième réseau le plus dense d’Europe, juste derrière celui des Pays-Bas. Et donc particulièrement usé. « On est un pays de transit, un petit pays de transit, donc on a énormément de trafic », explique Wanda Debauche, responsable du département infrastructure design et measurement du Centre de recherches routières. « Le trafic est très intense et en particulier le trafic lourd de par la position des ports, par rapport notamment à l’axe vers la Ruhr ou vers la France. »
Le climat belge n’aide pas
Un asphalte endommagé par les poids lourds mais aussi par la météo instable, propre à la Belgique. « Par rapport à nos pays limitrophes, que ce soit les Pays-Bas ou la France, on a une fréquence de cycles gel-dégel particulièrement élevée », dit la spécialiste.
« À chaque fois qu’on a du gel sur un vieux revêtement, on a de l’eau qui rentre dans le revêtement, qui va gonfler lorsqu’on a un phénomène de gel », explique Laurent Léoskool, conseiller technologique. « Ça va créer des micro-fissurations, un micro-soulèvement du sol. Et lorsqu’au dégel, on a des poids lourds ou des véhicules lourds qui circulent sur ce revêtement, on va endommager de plus en plus la structure. »

Enfin, le réseau souffre d’un manque d’investissement depuis des décennies mais aussi d’expertise en matière d’infrastructure routière. « Dans une bonne gestion de voirie, on devrait normalement changer la couche de roulement tous les 10 à 15 ans », explique Laurent Léoskool. « Si par contre on néglige ce traitement de surface, cet entretien de surface, on aura des dégradations en profondeur et notamment des nids-de-poule. »
« Il y a un manque de culture, de politique préventive depuis des années », dit Wanda Debauche. « Donc on est plutôt dans une politique de patchwork, de réparation patchwork. Et 90 % du réseau routier belge est dans les mains des communes. Et là on a un vrai déficit d’expertise. »

Dans le classement mondial de la qualité des routes, la Belgique se situe autour de la 60ème place, derrière des pays comme la Turquie, le Rwanda ou encore l’Ouzbékistan.
Quant à nos voisins européens, ils sont tous parmi les premiers de la classe.

















