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Les centres publics d’action sociale (CPAS) sont plongés dans l’incertitude. Malgré la promesse de 26 millions d’euros destinée à les aider dans leur transition vers la réforme du chômage, ces fonds n’ont toujours pas été débloqués par le gouvernement fédéral. Cette réforme, prévue pour entrer en vigueur au début de l’année 2026, suscite de grandes inquiétudes. En effet, le blocage budgétaire actuel accentue les craintes des CPAS de ne pas être en mesure d’assurer leurs missions. À six semaines de l’entrée en vigueur de la réforme du chômage aucun fonds d’aide au CPS n’est débloqué, aucun arrêté n’est signé.
Les CPAS, en attente de ce soutien financier, doivent utiliser leurs fonds propres pour anticiper les changements. Certains d’entre eux retardent même le recrutement du personnel nécessaire, une tâche d’autant plus ardue dans un domaine en pénurie. L’absence de recrutements pourrait toutefois gravement entraver leur capacité à faire face à l’afflux de nouveaux bénéficiaires attendu prochainement.
La ministre de l’Intégration sociale rassure, mais les inquiétudes persistent
Le gouvernement fédéral, pour sa part, tente de rassurer. La ministre de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, garantit que « le dispositif des aides financières sera finalisé après l’accord parlementaire du contrôle budgétaire de l’année 2025 dans les semaines à venir »,. les fonds sont garantis et seront mis à disposition dès que possible ».
Cependant, les inquiétudes pour 2026 persistent. En effet, à partir de l’an prochain, environ 100 000 personnes devraient être exclues du chômage. La moitié d’entre eux, selon les estimations, se tourneront vers les CPAS. Si le gouvernement prévoit une enveloppe de 300 millions d’euros pour compenser les coûts de cette réforme, le blocage fédéral pourrait compromettre la répartition effective de ces fonds.
Une nouvelle politique qui ne sera pas financée début 2026, selon les CPAS
Un fait inquiétant souligné par les fédérations de CPAS est que la réforme de l’exclusion de chômage est une nouvelle politique 2026. « Et on ne peut pas lancer de nouvelles politiques en 12e provisoire, rappelle Sébastien Lepoivre, président de la Fédération des CPAS bruxellois. Elle ne sera donc pas financée dans les 3 premiers mois de l’année ». Cette perspective compromet leur capacité d’action à court terme.
Pourtant, le ministre de l’Emploi, David Clarin, se veut rassurant. « Nous allons donc être en 12e provisoire pour le 1er trimestre mais des montants et des crédits seront prévus et nous trouverons certainement avec la ministre Van Bossuyt les solutions pour permettre d’avoir les montants en 2026 », a-t-il déclaré.
En attendant, les CPAS exigent des réponses concrètes. Nombre d’entre eux réclament un report de la réforme du chômage si les aides promises ne sont pas fournies rapidement. Les promesses politiques ne suffisent plus à calmer l’inquiétude grandissante sur leur capacité à gérer les répercussions sociales de cette réforme.


















