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Une première cyberattaque a eu lieu dans le centre hospitalier de Wallonie-Picarde en 2021. L’année d’après, Vivalia et en 2025, l’hôpital Saint-Luc... mais la liste n’est pas exhaustive : ce secteur est le plus visé par les cybercriminels. « C’est un exemple et on le voit avec l’incident qui vient se produire maintenant. Les hôpitaux, c’est une cible énorme au point de vue vulnérabilité. Une étude récente du SPF a montré qu’à trois hôpitaux sur quatre, il était nécessaire d’augmenter les systèmes de protection dans les hôpitaux », expliquait Pierre Ciparisse, commandant en chef de la force cyber belge.
Du vol de données au blocage, les cyberattaques coûtent cher : de 300 000 à 5 millions d’euros. Il est souvent question de demandes de rançon. Mais pourquoi cibler les soins de santé ? « C’est très rentable, c’est un énorme marché. On parle de milliers, de milliards de dollars en général, le cybercrime. Il faut les voir comme des entités économiques qui voient des cibles isolées, faibles, qui ont déjà une mission très importante, sauver des vies, et pas de se protéger», précise Jérémy Grandclaudon, expert en cybersécurité.
Pour les entreprises aussi, une cyberattaque laisse des traces : 5 à 10 % du chiffre d’affaires sont perdus. Par an, un million de tentatives sont détectées dans notre pays. D’une tentative de vol, d’un mot de passe militaire, jusqu’à la paralysie d’une institution.
Qui est derrière ces attaques ? Des privés criminels, mais aussi des États. « C’est des groupements qui sont produits de services de renseignement étrangers, ou le bras armé de certaines forces étrangères. Les usual suspects, les classiques qu’on mentionne, c’est la Russie, la Chine, mais également l’Iran et la Corée du Nord», rappelle Pierre Ciparisse. « Si on devait encore avoir un doute, on peut voir avec la guerre en Ukraine. C’est le meilleur exemple : ils ont attaqué les centrales d’électricité, la lumière, ils ont attaqué tout ce qui est télécommunications. C’est un moyen extrêmement efficace, et de nouveau, peu coûteux. On ne bouge pas de chez soi, et on peut paralyser l’adversaire sans prendre beaucoup de risques», note l’expert en cybersécurité.
L’ère du cyber-combat a commencé, et il faut compter avec l’intelligence artificielle, à la fois alliée et ennemie. « On peut constater qu’il y a de l’information qui est fausse, qui a été manipulée, qui a été transformée, et l’intelligence artificielle rajoute vraiment le défi maintenant, parce que ça permet de produire du contenu à très haute vitesse».
La cyber-protection est devenue un enjeu public et un domaine en forte croissance : 4.000 postes sont vacants.

















