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« Pains », « bails », « crushs » : comment les adolescents perçoivent-ils les relations amoureuses ?

par RTL info avec Florent Vanden Bergh et Julien Raway
En cette Saint-Valentin, focus sur la nouvelle génération : comment les adolescents envisagent-ils l’amour ? De leur vocabulaire à leur rapport à l’engagement, leur manière de vivre les sentiments ne ressemble pas tout à fait à celle de leurs parents.

Léa, 18 ans, assume sa relation amoureuse : « Je suis en couple ». Valentine, 17 ans, dit avoir « quelques pains ». Maxime, du même âge, sourit en confessant : « Il m’arrive d’avoir des crushs ». Quant à Lou, 17 ans également, elle confie : « Parfois, je suis en bail ».

Un vocabulaire bien à eux

En amour, il est clair que le vocabulaire employé par les jeunes se renouvelle année après année. Pour nous en rendre compte, nous avons laissé traîner notre micro dans le local des rhétos d’une école liégeoise.

C’est quoi un pain ? « C’est quelqu’un qu’on trouve attirant, qu’on apprécie de regarder, explique Valentine. On ne le connaît pas nécessairement, on l’a vu deux ou trois fois, et on le trouve beau ».

« Être en crush, c’est lorsque quelqu’un aime une personne, mais que ce n’est pas spécialement réciproque », détaille Maxime.

Et qu’est-ce qu’être « en bail » ? Lou, 17 ans, l’explique sans détour : « C’est discuter avec quelqu’un, flirter un peu, se voir… On ne se doit rien à l’un ou à l’autre. »

Face aux questions intimes, l’IA comme confident

À l’heure des réseaux sociaux et d’Internet, les jeunes sont-ils mieux informés en matière de relations intimes ? Pour répondre à cette question, qui de mieux placés que Laurence et Dimitri, animateurs dans un planning familial (SIPS Asbl) ?

D’emblée, Laurence insiste sur un principe fondamental : « Lorsqu’un jeune franchit notre porte, tout reste strictement confidentiel. Les parents n’en sont pas informés. »

Leurs équipes l’ont constaté, de plus en plus d’adolescents se tournent vers l’intelligence artificielle pour trouver des réponses. Avec ce type de questions : « J’ai 17 ans. Est-ce le bon moment pour faire ma première fois ? »

Et l’IA de répondre : « À 17 ans, ce n’est ni trop tôt, ni trop tard. Ce qui compte vraiment, c’est le consentement, la maturité émotionnelle, se protéger et communiquer avec son ou sa partenaire ».

« Parfois, on est quand même surpris de la qualité des réponses, donc il y a sans doute du bon à aller y chercher », souligne Dimitri. « Beaucoup de jeunes nous avouent, comme une confidence, qu’ils se tournent vers l’IA pour parler », rapporte-t-il. « Ils ont conscience que ce n’est pas l’idéal… mais ils le font quand même. »

Une base de données infinie accessible 24 h sur 24. Les adolescents sont-ils pour autant plus précoces ? Ont-ils tendance à « Doro » – comprenez faire l’amour – plutôt qu’avant ?

« Les jeunes n’ont pas des relations sexuelles plus tôt qu’avant, note Laurence. De manière générale, les jeunes vont quand même attendre un moment qui leur semble bon pour eux. Les jeunes vont dire : ‘C’est quand on se sent prêt’».

L’engagement amoureux, d’hier à aujourd’hui

Les relations amoureuses, le couple, l’intimité étaient déjà au cœur des discussions des adolescents en 1985.

« L’amour a une grande place dans votre vie ? », interrogeait une journaliste pour un micro-trottoir. « Énormément, oui ! », lâchait un jeune homme. « Vous avez plusieurs petites amies ? », lance la journaliste à un 2e interlocuteur. Et celui-ci de répondre, timide : « Non, pas plusieurs, non… Mais bon, j’ai une amie de temps en temps. »

40 ans plus tard. Les jeunes rêvent-ils toujours du mariage idéal ? Maxime se sait être « encore très jeune » et pense principalement à s’amuser, « pas à avoir une relation sérieuse ou faire une famille ».

Lou trouve « un peu compliqué » de s’engager : « On ne sait même pas encore où on va étudier l’année prochaine... et on devrait savoir se projeter toute une vie à quelqu’un ? »

La nouvelle génération semble se démarquer par une conception de l’engagement qui lui est propre.

Pour Bruno Humbeek, psychopédagogue, l’engagement amoureux a changé de rythme : « Il n’est plus fulgurant, il se construit lentement, parfois plus tardivement. Au départ, ce sont surtout les modèles des générations précédentes qui incitent les jeunes à moins s’engager. »

Si le vocabulaire, l’éducation et la vision du couple ont évolué sur la forme. Tous nos intervenants s’accordent sur le fait que le sentiment amoureux et la passion ressentie demeurent intacts.

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