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La Belgique connaît depuis plus de 30 ans une désindustrialisation marquée, provoquant un bouleversement de son paysage économique. Le constat est sans appel : le secteur industriel, autrefois au cœur de la croissance économique, s’est rétréci au fil des décennies, représentant aujourd’hui moins de 10 % des emplois. À sa place, de nouveaux secteurs émergent et redéfinissent les priorités économiques du pays.

Avec près de 12 millions d’habitants et un produit intérieur brut de 614 milliards d’euros, la Belgique reste un acteur économique important en Europe, se plaçant comme la septième économie de l’Union Européenne. Ce statut repose en grande partie sur sa position géographique stratégique au cœur de l’Europe et sur ses infrastructures performantes. Le port d’Anvers, véritable carrefour du commerce mondial, ainsi que les ports intérieurs tels que celui de Liège, contribuent à maintenir l’économie belge compétitive sur les marchés internationaux.
L’économie belge repose aujourd’hui sur plusieurs piliers majeurs. Parmi les secteurs en pleine croissance figurent notamment la chimie, la pharmaceutique, l’industrie alimentaire et les services. Ces derniers sont devenus le moteur principal de l’économie nationale. Les experts expliquent ce phénomène par l’évolution des besoins d’une population qui, avec l’augmentation du niveau de vie et le vieillissement, consomme moins de biens matériels et davantage de services.
La Wallonie doit se réinventer
La Wallonie est particulièrement touchée par cette mutation. Ancien bastion industriel, elle continue de faire face aux défis de la reconversion de ses anciennes filières, comme la métallurgie et le textile. Elle conserve toutefois des atouts économiques significatifs, tels que le secteur de la défense, qui joue un rôle clé dans la recherche, l’innovation et le développement de brevets. Ces activités restent cruciales pour maintenir une certaine dynamique économique et attirer des investissements.
Les exportations demeurent un pilier essentiel pour l’économie belge. Pour rester compétitives, les entreprises doivent innover et s’adapter aux exigences des marchés internationaux. Selon Chantal Kegels, une approche basée sur la coopération internationale, plutôt que sur un repli protectionniste, serait la meilleure voie à suivre : « Je pense qu’au lieu de « Made in Europe », « Made in cooperation with Europe » aurait été meilleur comme slogan. C’est-à-dire qu’on s’ouvre vers d’autres pays pour coopérer avec eux et avoir une base industrielle avec eux plutôt que de se fermer. Je ne pense pas qu’il faut importer la politique de Trump chez nous. »
Pour l’avenir, les défis sont nombreux. L’industrie belge doit réussir une double transition, énergétique et numérique, indispensable pour retrouver de la compétitivité. L’innovation sera aussi au centre des stratégies pour maintenir des emplois à haute valeur ajoutée et garantir un développement durable. En dépit d’un contexte économique et géopolitique tendu, la Belgique peut miser sur ses infrastructures, son savoir-faire et sa capacité à s’intégrer dans un marché globalisé.
















